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Steinlen et les femmes
Steinlen : un engagement politique et social
Steinlen et la grande guerre
Steinlen et les chats
Dans les Hommes d’aujourd’hui, une courte biographie de Steinlen de 1889, on peut lire : « Un chat, un autre chat, qui serait bien une chatte car cinq ou six petits chats plus foncés, plus malicieux et plus effrontés les uns que les autres l’escortent, grimpent aux jambes du visiteur, font leurs griffes sur l’un des pieds du chevalet sacrifié à cet usage.. »
Entouré de chats donc, l’artiste prit le temps de les observer avant de les croquer.
Il exposa parfois comme artiste animalier, ainsi en 1909 ↓


Ses engagements socio-politiques ne le détournèrent donc pas d’autres choix artistiques.
Son amour des chats l’amena à les représenter dans toutes leurs attitudes quotidiennes de félins. Il établit de véritables planches comportementales de l’animal, témoignant d’un fameux coup de crayon au service d’une observation remarquable. Le (ou les) chat y apparaît si vivant, si animé que l’on pense presque à des images cinématographiques.

Il fit de véritables bandes dessinées autour du chat, encore un peu et il aurait pu travailler à des dessins animés.
La fantaisie de ses croquis se prête vraiment au charme de l’animal et les saynètes sans paroles plaisent à petits et grands.

Il en représenta les aspects les plus aimables, leur souplesse, leur habileté, leur nonchalance, leurs câlins, leurs frôlements, ; mais aussi les plus désagréables, leur regard distant et même fourbe, leur cruauté.
Il est un des artistes qui y réussit le mieux, son Chat noir pour le cabaret du même nom (voir la dernière illustration du premier billet sur l’artiste) comme cette couverture d’une édition Flammarion ou cette estampe de trois chats au repos l’illustrent parfaitement.


Le chat lui servit parfois de moyen pour passer un message.
Dans Prison fin de siècle, une chatte, Pélagie (qui est d’abord le nom de la prison en question), se tient sur un journal sous le titre l’autorité. Ceux qui connaissent les chats savent qu’ils ont cette assurance forte des êtres qui n’ont pas besoin d’en faire trop pour s’imposer. Mais le texte précise ce que l’on voit, à savoir que la chatte faisait ses besoins sur ce journal ; une façon de braver l’autorité.

Avec jacques Nam, Théophile Steinlen fut un des meilleurs dessinateurs des chats.
