Un officier de santé de l’Empire : François-Joseph Bailly (1779-1832) (2ième partie)

Article précédent pour les années 1796 à début 1801.             

D’avril à juillet 1801, il embarque avec l’expédition navale de Ganteaume pour l’Egypte où il devait  renforcer les troupes parties en 1798 avec Bonaparte.

Avant le départ il écrit à Weiss depuis l’Indivisible, bateau amiral de la flotte qui dut faire retour à Toulon « par la faute à  Eole et Neptune qui l’empêchèrent d’atteindre les pyramides » pour reprendre les termes de Bailly. Il décrit longuement cette expédition qui tourna en rond en Méditerranée occidentale et quelques escarmouches avec les navires anglais, leur enlevant deux vaisseaux, une frégate et quelques douze bâtiments marchands.

Illustration, extraite d’un article en anglais, montrant la prise de la frégate Swiftsure

Il supporte mal la quarantaine imposée au retour après 88 jours de mer agitée. Celle-ci terminée, il s’ennuie à Toulon et n’apprécie pas la rigueur révolutionnaire de ses habitants : « c’est un crime de faire le dimanche et de prononcer le mot Monsieur. » Aussi va-t-il passer quinze jours à Marseille.

Il y assiste à l’arrivée de  Français faits prisonniers en Egypte par les Anglais et au retour des restes de l’armée d’Orient, dont un superbe régiment de Mameluks, et le corps du général Kléber. Débarquent aussi des Egyptiennes dont il trouve le costume, et surtout le masque, ridicule et même dégoûtant.

En 1802, il est à Saint-Domingue où l’expédition des généraux Leclerc et Rochambeau à laquelle il participe avec des renforts fait face à la résistance de Toussaint Louverture contre le rétablissement de l’esclavage. Sa première lettre est de Jacmel du 18 janvier 1803. Il décrit peu les exactions des Français, il parle tout de même du piteux état de la contrée, mais préfère écrire à Weiss qu’il a goûté aux ananas, sapotilles et cocos. Il nomme les noirs, nègres, mais aussi révoltés ou brigands selon leur participation à la résistance. Assiégés, malades et décimés par la fièvre jaune, Bailly et d’autres soldats s’en remettent aux Anglais qui le conduisent pour quelques mois aux Etats-Unis.

Son passage dans la colonie ne le laisse pas indifférent aux mœurs des colons ; en découvrant ce qu’est une ménagère griffe, femme de couleur qui partage le lit du colon, soigne sa maison et lui fait des enfants qui deviennent ses esclaves. Lorsqu’il en est dégoûté, il la renvoie et en prend une autre… Le ton de ses propos désapprouve cette dépravation des mœurs  et la discrimination raciale.

Précédemment, on a noté que le jeune Bailly avait cédé aux charmes de filles soumises. Sans aucune vantardise, il fait part à son ami Weiss de ses aventures amoureuses dans l’île. Ainsi, il ne se prive pas de coucher avec la jeune femme créole d’un de ses hôtes, riche colon. Par pudibonderie peut-être, le président Gazier ne fait pas allusion aux frasques ou aux amours de Bailly quand elles s’écartent de la bienséance.

Il rentre en France en août 1803, à Brest. Malade de la fièvre jaune pendant 10 mois, tantôt à Bordeaux, à Rochefort puis Paris en février 1804. D’après sa lettre du 25 février, il annonce son arrivée à Besançon. Il est de retour à Paris en septembre. Il emprunte de l’argent à Weiss car ses appointements ne lui sont pas versés. Weiss se met en dettes pour lui, preuve d’une amitié solide.

Dès le 8 décembre 1804, Bailly est au camp de Boulogne et parfois à Calais au service de santé, il y passe l’hiver 1804-1805. De là devait partir la flotte d’invasion de l’Angleterre, mais on connaît l’abandon du projet. Bailly y croyait encore dans ses lettres de juin et août 1805 .                
Mais, en septembre, Napoléon réagit à la troisième coalition contre la France et Bailly se retrouve  embarqué avec la Grande Armée dans tous les grands épisodes militaires. D’abord contre les Autrichiens avec la victoire d’Ulm d’octobre 1805, et l’entrée à Vienne dont il rend compte à Weiss depuis Augsbourg où il exerce à l’hôpital Sainte-Croix en novembre. Puis c’est  la grande bataille contre les Russes à Austerlitz dont il ne parle qu’en décrivant la triste et lamentable troupe des prisonniers.
Il reste à Augsbourg puis à Strasbourg jusqu’en septembre 1806 ; il en profite pour apprendre l’allemand.

Bien que réfléchi et habité par le doute dans la traversée de toutes ces guerres, sa sérénité apparaît  dans cette lettre du 5 août 1806, écrite depuis Strasbourg. Il aspire à la paix, mais se résigne à son sort. Il est alors nommé aide-major à l’ambulance du quartier général du 4ième corps d’Armée.

Il signale la fermeté de l’Empereur qui fit  fusiller des libraires, auteurs et colporteurs de libelles contre lui et la nation française.

Il reprend  la route à marche forcée vers l’Est contre la Prusse en septembre, il est à Iéna puis à Lübeck contre Blücher (cf. infra), à Magdebourg puis à Berlin qui lui fait piètre impression. Il parle de Soult, Mortier, Ney et de leurs actions. Il aspire à la paix, mais ne peut dissimuler un certain enthousiasme procuré par les victoires . (octobre à décembre 1806).

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