La signature du Traité de Versailles, vue de Besançon

Petit Comtois, Éclair Comtois et Dépêche Républicaine du 29 juin 1919

Le Petit Comtois accorde la plus grande place à l’événement, l’Éclair Comtois ne fait guère moins, mais la Dépêche Républicaine se contente des deux premières colonnes. Elle prit soin, toutefois, le 1er juillet, de faire un rappel sur le 28 juin 1914 ; cinq ans auparavant, jour pour jour, l’attentat de Sarajevo avait ouvert « le grand drame mondial »

Il est vrai que tout avait déjà été dit et on le soulignait dès le 8 mai quand le texte du traité avait été communiqué aux plénipotentiaires allemands en même temps qu’à la presse. Tout de même, la une de la Dépêche fait presque du Traité de Versailles un non-événement ↓.

Et puis, si la presse accorda une place modeste à l’événement, c’est aussi parce que la paix avait déjà été fêtée le 24 juin quand les Allemands annoncèrent leur accord pour signer le traité. Peut-on aussi suggérer la clairvoyance de certains, assurés des imperfections de cette paix de Versailles et donc peu enclins à la fêter? La tribune de la Dépêche Républicaine du 2 juillet, sans être pessimiste, est dans cet état d’esprit.

Un doute subsistait jusque là et certains journaux avaient émis l’idée d’une opération armée pour contraindre le pays et même édité une carte imaginant l’attaque en cas de refus allemand.(Excelsior du 22 juin 1919) cf. infra ↓. Cette incertitude utilisée par les journaux pour maintenir un faux suspens avait été intelligemment condamnée par Louis Hosotte dans l’Eclair Comtois du 22 juin. Il estimait que les Français accorderaient trop d’importance à ce traité et deviendraient nonchalants à l’égard des risques internationaux. Il considérait que l’Allemagne avait les moyens de redresser rapidement son économie et que la question russe laissait planer des doutes sur l’avenir de cette paix. Ses propos ne manquaient pas de pertinence.

Le 24 juin, à Besançon, les cloches avaient sonné à 23 heures et les rues étaient restées pleines de groupes manifestant leur joie, soldats chantant la Madelon et/ou jeunes hommes éméchés jusque tard dans la nuit. Au matin, le canon avait tonné pour annoncer la fin des hostilités. Lors de la ratification de cette paix avec l’Allemagne, Les 28 et 29 juin, les Bisontins furent plus calmes, sans bouder pour autant leur joie de fêter à nouveau la paix. Ainsi, des illuminations électriques, à l’initiative de particuliers, décoraient quelques immeubles et une retraite aux flambeaux parcourut des rues de la ville

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