Bien manger en 1919…

… des recommandations que ne dénigreraient pas les végétariens et même les vegans d’aujourd’hui.
Le Petit Comtois du 21 juin 1919

Selon le docteur Maurice RENAUD du laboratoire de la Faculté de Paris.
L’alimentation rationnelle proposée par ce conférencier à un public de Besançon, surtout féminin,  le 19 juin 1919, est aussi adaptée à notre temps qu’elle ne l’était cent ans auparavant.

On est étonné par la contemporanéité de ses propos, tant ils se retrouvent actuellement, à l’identique, dans le moindre magazine fournissant des conseils diététiques ou dans une revue de vulgarisation médicale sur l’alimentation.

Il commence par une longue démonstration sur les besoins en calories d’un individu. Il s’appuie assurément sur les travaux de Marcellin Berthelot qui définirent précisément cet aspect du métabolisme de l’homme.

Il arrive à un résultat assez généreux pour un homme de 60 kg au repos avec 2500 calories par jour ou 3800 pour un travailleur. Il explique bien la variabilité de ces besoins selon la taille, le poids, l’âge, le sexe et l’activité.

Défendant les laitages, il déplore l’alimentation trop carnée de ses contemporains, estimant que l’on pourrait se passer complètement de viande. Pour lui, les légumes et surtout les légumes secs, sont les meilleurs aliments pour la santé. Dit-on autre chose aujourd’hui?

Ce docteur prêcha dans le désert quand on sait que la consommation de fèves, haricots, lentilles, pois a diminué de moitié depuis 1914 alors que celle de viande n’a cessé d’augmenter.
Cette « viande du pauvre » est à nouveau recommandée et trouve même des défenseurs extrêmes quand on pense au véganisme et à l’antispécisme. Si le docteur Renaud prônait d’être végétarien, il admettait la nourriture mixte, reconnaissant que l’aliment carné était un trait de civilisation.

A son époque, sa critique à l’encontre de la consommation de boissons fermentées et de vin ne rencontrait pas plus d’audience, sinon auprès des ligues antialcooliques, mais on était là dans une démarche plus morale que diététique, même si l’alcoolisme était aussi une question de santé publique.

Les États-Unis votaient leur loi sur la prohibition de l’alcool en 1919.

On découvre au final l’adhésion de Maurice Renaud aux idées de Pierre-Joseph Proudhon. Peut-être est-ce là le motif de son déplacement à Besançon, ville natale du penseur qui traita dans son œuvre de tout ce qui fait une société et recommanda l’effort et la sobriété.

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