Le futur traité de Versailles présenté aux délégués allemands

Petit Comtois, Eclair Comtois et Dépêche Républicaine du 8 mai 1919

Depuis l’ouverture de la Conférence de la paix, le lecteur ayant accès à un des trois journaux de Besançon avait déjà pris connaissance de tous les points abordés lors des négociations interalliées. Chaque question avait été présentée avec les divergences de points de vue et les réactions parfois hostiles comme celle d’Orlando, le chef de Gouvernement italien, opposé au sort de Trieste et généralement mécontent des acquis de l’Italie, jugés insuffisants.

Mais le 8 mai, le Petit Comtois, l’Eclair Comtois et la Dépêche Républicaine font, comme la plupart des journaux, la présentation de la synthèse qui leur a été communiquée et qui fournit le contenu du futur traité, celui que l’on fait connaître  aux délégués allemands. L’événement est d’importance et la presse locale en témoigne.

La Dépêche Républicaine  se contente de sa une sur les quatre pages de l’édition du jour et d’un titre au-dessus de deux colonnes. Il est vrai que ce journal avait déjà longuement abordé le sujet durant les mois précédents et se satisfait alors d’un bon résumé. L’Éclair Comtois et le Petit Comtois donnent deux pages denses et suffisamment détaillées. Le titre occupe toute la largeur de la page.

L’Éclair Comtois, deux jours après cette publication qui demanda beaucoup de travail de typographie, s’en prend ironiquement à son rival la Dépêche Républicaine qui prétend être un grand journal et n’est même pas capable de livrer à ses lecteurs la totalité du résumé du futur traité. L’Éclair se vante alors d’avoir travaillé de 8h du soir à 4h du matin pour satisfaire ses lecteurs.

Le 9 mai, les réactions à cette publication du futur traité abordent d’abord le mécontentement allemand, mais l’Éclair Comtois tient à faire part de son opinion sur les réparations. Il n’est pas dupe du paiement qu’effectuera l’Allemagne et pressent les blocages. Il prévient le lecteur qu’il ne faudra pas trop compter sur ce financement pour redresser le pays. Réalisme certain de la part de la rédaction. Le triomphalisme n’est pas de rigueur, mais le nationalisme revanchard n’a pas disparu et le journal soutiendra une position officielle de fermeté à l’égard de l’Allemagne comme l’occupation de la Ruhr.

Le 10 mai, dans le même journal, la rédaction livre le fond de sa pensée : il eut fallu démembrer l’Allemagne pour se garantir de tout sursaut de la part de ce pays que l’Éclair Comtois persiste à nommer le Monstre et, systématiquement, ses habitants …les Boches.

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