Les procès de Leipzig

Le Petit Comtois du 18 juin 1921

Depuis le 23 mai 1921, se tenaient à Leipzig, des procès pour crimes de guerre imputables à des Allemands. Ces procès ont été longtemps laissés dans l’ombre,  – Jean Jacques Becker les a évoqués dans la revue l’Histoire d’octobre 1995 – oubliés après les grands procès de Nuremberg qui ont suivi la deuxième guerre mondiale. Il est vrai qu’ils ne concernèrent guère plus d’une dizaine de personnes et les alliés ne recherchèrent pas à tout prix à ce que justice fut rendue, même si certains ont pu souhaiter un procès de Guillaume II. Les alliés concédèrent aux Allemands le déroulement des procès à la Cour Suprême de Leipzig, le Reichgericht.

La cour de Leipzig le 23 mai 1921

Les juges (au centre le juge Pollock)

En 1921, on  fut informé correctement de ces procès par la presse et à Besançon  le Petit Comtois s’en fit parfois l’écho. On lit ici la transcription d’une question parlementaire posée par le député Adolphe Girod, élu du Doubs ; elle laisse penser à une demande directe ou indirecte d’anciens combattants du département,  prisonniers dans des camps allemands pendant la guerre,  peut-être à Effry (proche d’Hirson) où sévit un médecin allemand, Oscar Michelsohn, accusé de tourments atroces sur les Gefangener. Triste prédécesseur  des médecins de la mort nazis comme Mengele.

Oscar Michelsohn fit partie des personnages jugés. Il fut acquitté. La réponse ministérielle faite  à M. Girod donne onze inculpés (or, les procès furent au nombre de seize).
Les alliés avaient retenu des centaines de noms pour se contenter au final de quelques dizaines. Et l’importance du  nombre des personnes introuvables au moment de leur convocation, réduisit la Cour à ne juger qu’une dizaine d’hommes.

On lit ici qu’un inspecteur du nom de Martin pouvait figurer sur la liste de suspects proposés par la France, pour finalement ne pas être retenu contrairement aux souhaits d’anciens prisonniers.

Deux historiens,  Raymond Verhaeghe et Yves Métivier, ont pu retrouver la trajectoire de Michelsohn. Ironie de l’histoire, juif allemand, il fut emprisonné dans un camp par les nazis et périt à Auschwitz.

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