Besançon : faire la lumière sur l’affaire Bersot divisait

L’Eclair Comtois du 13 juin 1921

L’association des mutilés et réformés n°1 du Doubs, puisant ses informations dans le journal local Germinal, s’emparait de l’affaire Bersot lors de son assemblée du 8 juin 1921 et attendait une enquête pour que justice fut rendue à ce soldat fusillé pour un motif dérisoire : le refus de porter un pantalon souillé.

Un billet de ce blog permet de résumer l’affaire Bersot (avec un S et non un Ç comme il est écrit dans l’Eclair Comtois du 13 juin 1921).
L’acte de décès de Lucien Bersot est en ligne sur memoirevive.besancon.fr. On peut remarquer la mention Mort pour la France, rajoutée par la suite, après la réhabilitation qui fut faite dès 1922.

Dans le billet écrit le 13 février 2015, la conclusion alors rédigée apparaît désormais inadaptée car il y eut bien, à Besançon même, des réactions rapides face à l’injustice de cette exécution pour l’exemple, ne serait-ce qu’au sein de l’association des mutilés.

D’autre part, elle formulait en sus le vœu suivant  à destination des officiers devant prendre une sanction : « il faut vingt ans à un père et à une mère pour faire un soldat », soulignant ainsi, non seulement l’injustice de certaines exécutions, mais aussi leur absurdité, desservant l’armée elle-même en la privant des hommes ainsi condamnés.

On trouve, dans les termes utilisés, tout le ressentiment à l’égard des officiers responsables et la violente émotion qu’une telle affaire pouvait exercer sur des blessés de guerre de Besançon, des soldats comme Bersot, qui vivait et travaillait dans cette ville au moment de la mobilisation.

Si le Petit Comtois et la Dépêche Républicaine, les autres quotidiens de Besançon, se contentent de publier le compte-rendu de l’assemblée des mutilés, l’Eclair Comtois réagit avec une note de rédaction. (Avec une malencontreuse coquille surlignée en jaune ici)

Et on retrouve ainsi  une des caractéristiques de ce journal, défenseur de cette droite autoritaire et conservatrice pour qui l’Armée est inattaquable même si certains de ses membres font des erreurs.

Aussi, pour la rédaction de l’Eclair Comtois, l’association des mutilés n’a pas à rechercher la vérité, au risque de donner du grain à moudre aux antimilitaristes bolchevistes.

Il y a là des relents d’affaire Dreyfus. L’Eclair Comtois, bien que né postérieurement à l’affaire, avait été et restait antidreyfusard comme la plupart des organes catholiques.

Notons que dans l’édition du lendemain, le journal corrigea une « regrettable »coquille, et releva qu’aucune ligne n’avait été publiée dans le journal adverse, le Petit Comtois, sur le vœu formulé par l’association des mutilés pour la vérité sur l’affaire Bersot.

L’Eclair Comtois en donne une explication tendancieuse qui mériterait d’être vérifiée ; à savoir que l’officier responsable de cette condamnation, le lieutenant-colonel Auroux, aurait été membre de la « Ligue des Droits de l’Homme », très soutenue par les radicaux locaux et leur journal, le Petit Comtois.

Besançon, depuis 2009, dispose d’une plaque en hommage à Lucien Bersot, rue Battant.
(A noter que la rue François Louis Bersot honore un autre bisontin)

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