Un nouveau lotissement à Besançon : Bregille-Beauregard

Plusieurs éditions de la Dépêche Républicaine de Franche-Comté de la fin juillet 1922

Fin juillet 1922, la Dépêche Républicaine publia plusieurs fois une annonce pour un projet de lotissement à Besançon-Bregille. Il s’agissait d’une publicité payée par la Société générale industrielle et foncière, entreprise parisienne qui investissait dans un terrain de 4 hectares sur un espace plan et incliné de cette colline bisontine. En fait, derrière cette société se trouvait un homme d’affaires bisontin, Emile Picard, qui détenait l’entreprise du funiculaire de Bregille dont il avait assuré la construction. Le nom d’Emile Picard sera donné plus tard à la rue centrale de ce lotissement.

 La commercialisation des terrains constructibles adoptait une méthode alors peu fréquente : la vente se faisait directement sur les terrains concernés par contact entre acheteurs potentiels et commerciaux installés dans un abri. L’annonce du 29 juillet précisait une présence quotidienne du vendeur, y compris le dimanche en après-midi.

Les qualités du quartier étaient vantées par ces publicités et elles prenaient soin de signaler la proximité du funiculaire (à 300 m en effet) fort utile pour éviter la fatigue occasionnée par le dénivelé entre le replat de la colline culminant vers 335 m et le quartier de la Mouillère au pied, à 260 m.

La technique commerciale était innovante mais, dès le mois d’août, la société dut revoir ses plans de viabilisation. Les rues piquetées et bornées ne respectaient pas la largeur exigée par les règles d’urbanisme de la municipalité.
Lors du Conseil du 31 juillet, un vote à main levée fixa la largeur des rues à 10 m et non 8 comme le faisaient les premiers piquetages. La société « se proposait de remettre gratuitement à la ville ces voies nouvelles bordées de trottoirs et  équipées des canalisations d’eau, de gaz et d’électricité ».

La vue aérienne de 1926 (cf. ci-contre) permet de voir où en était alors ce lotissement par rapport à son lancement en 1922. Le constat visuel conduit à parler d’échec relatif. On dénombre sept maisons dont trois donnent sur la rue Félix Gaiffe déjà tracée avant ce projet de lotissement.

Sur les vues du Géoportail-IGN, avec « Remonter le temps », la situation en 1929 est identique, pas une construction de plus. Pendant les années trente, malgré la crise économique, le lotissement se remplit un peu plus.

La crise du logement sévissait alors sérieusement en France et les pouvoirs publics développaient les Habitations Bon Marché, les HBM. Plusieurs quartiers de Besançon en furent dotés.
Il faut admettre qu’ils furent une plus grande réussite que l’entreprise de construction initiée par cette société parisienne. Le coût des terrains viabilisés devait restreindre les prétendants et les acquéreurs éventuels gardaient une certaine méfiance à l’égard des promesses d’une viabilisation gratuite. ↓

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