Le centenaire du procès et de l’exécution des quatre sergents de La Rochelle

Le Petit Comtois du 25 juillet 1922

Un article d’Edouard Herriot pour le centenaire du procès  (21 août-5 septembre 1822) et de l’exécution des quatre sergents de la Rochelle (guillotinés le 21 septembre 1822 à Paris) occupe la tribune de la une.

En 2022, il permet de rappeler cette affaire plus souvent méconnue aujourd’hui qu’hier. Elle servit de symbole pour la gauche libérale dans le siècle qui suivit les faits. Le romantisme des jeunes insurgés paraissait exemplaire à tous ceux qui défendaient le drapeau tricolore, le suffrage universel, la suppression des restrictions aux libertés fondamentales de réunion, d’association, de presse – ainsi  une loi de mars 1822 rétablissait-elle l’autorisation préalable  pour les journaux et périodiques – les régimes tyranniques rétablis ou confortés par les traités de 1815.

Herriot décrit par le menu le complot des quatre sergents du 45e régiment d’infanterie légère, alors à La Rochelle, rappelant qu’il avait lu avec exaltation « les hauts faits » de ce régiment resté attaché aux idées républicaines et napoléoniennes. Il s’intéresse au procès des quatre hommes et en souligne toute l’iniquité. Son écrit partisan se veut enthousiasmant et il y parvient en dénigrant l’accusation et en valorisant l’idéal et le côté aventureux de l’engagement de ces militaires.

                S’il évoque le développement d’une charbonnerie républicaine, clandestine, secrète, il n’en donne pas les explications liées au contexte. Le succès électoral des monarchistes les plus radicaux, les ultras, le durcissement de la politique réactionnaire ne laissait guère d’alternative légale aux opposants. Un succès électoral était impossible, une révolte de masse n’avait pas plus de chance de réussite. Aussi les libéraux acceptèrent-ils la conspiration. La charbonnerie fut la principale société secrète et on trouva des hommes influents comme instigateurs : Lafayette, Sainte-Beuve, Cavaignac… Et à l’armée, en plus des nostalgiques des heures glorieuses de guerres révolutionnaires, il y eut les mécontents, sous-officiers mal rémunérés, irrités des passe-droits accordés aux officiers nobles.

Herriot prend soin de rappeler que Belfort fit l’objet d’un complot de charbonniers avec le colonel Pailhès et l’implication directe de Lafayette. Ces complots militaires avaient pour but un soulèvement général de l’armée. Comme pour les sergents de La Rochelle, la police les éventa tous.

En 1922, des discours furent tenus sur la tombe des 4 hommes au cimetière Montparnasse. Gallica nous en fournit plusieurs photographies.

De nombreuses commémorations  républicaines honorèrent la mémoire des quatre sergents et Herriot en donnait la tonalité dans son article édité dans le Petit Comtois.

En 2022, le bicentenaire de l’affaire des quatre sergents de La Rochelle sera probablement moins évoqué qu’il ne l’avait été lors du centenaire en 1922.

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