Trois frères de Besançon, morts pour la France

Un billet d’août 2015 avait abordé les fratries du Doubs détruites ou décimées par la grande guerre. Les quatre frères Piquerez, de Maîche, retenaient aussi l’attention.
Une famille CUSSEY, de Besançon, fait l’objet de ces lignes.

← L’avis de décès pour la réinhumation d’Henri Cussey le 19 mai 1922  est à l’origine de ce billet.
Cet avis signale  deux de ses frères aînés, Lucien et Etienne, tués eux aussi dans des combats de 14-18.
Un quatrième, Francis, le plus âgé, fut sérieusement blessé en 1915, mais termina la guerre.

Ci-dessous ↓, voici le nom des trois frères sur le parchemin contenant la liste des 1531 Bisontins morts pour la France, inséré dans une cavité du monument aux morts de 1924.
En 2013, le parchemin a été déplacé avec le nouveau monument.

Ces hommes appartenaient à une famille de sept enfants. Le père, Marie Louis Herman, né à Chantrans en 1845 était fils de tailleur de pierre et il le devint à son tour. En 1872, il épousa à Venise (Doubs) Eloïse Augustine Guichard, native de ce village. Un des témoins, le propre frère de Louis, comme lui fait profession de carrier-tailleur de pierre. Ce métier est celui de la plupart des hommes de la famille et des témoins enregistrés sur les actes de naissance des enfants Cussey.

Dès 1875, à la naissance de Jeanne, une deuxième fille, leur foyer était à Besançon, d’abord rue Proudhon, plus tard chemin de la Chaille, puis aux Montboucons et aux Torcols.

Leur premier garçon, Francis, naît le 23 juillet 1879, marié en 1905. Les témoins de sa naissance sont tous deux tailleurs de pierre. Sa fiche matricule militaire indique pour lui la même profession.
A la déclaration de guerre, son âge l’amena dans un Régiment d’Infanterie Territoriale, le 54e, mais il se retrouva rapidement, dès octobre 1914, dans le 23e Régiment d’Infanterie. Gravement blessé à la cuisse droite par balle, à Reillon, en Meurthe-et-Moselle, le 8 octobre 1915, il réintégra un régiment de territoriale en 1917. A cette date, trois de ses frères avaient déjà été tués.

Le cinquième et dernier garçon, François, naît le 8 août1898. Les témoins de l’état-civil sont encore deux tailleurs de pierre. Il échappera à la guerre malgré une incorporation en avril 1918 car la commission de réforme le jugera d’un « état général franchement défectueux ».

Les trois autres frères Cussey, Lucien, Etienne et Henri, moururent entre 1914 et 1916. Ci-dessous, leur fiche sur memoiredeshommes.

Louis Henri, le cadet des trois morts pour la France, né en 1891, fut considéré comme soutien de famille indispensable lors de son recrutement en 1911 en raison de la mort du père, en 1908, et de la fragilité du dernier né. Ses trois frères aînés étaient déjà mariés et indépendants. Henri fut tout de même incorporé en 1912, et ne put retourner à la vie civile avant le début du conflit en raison de la loi des trois ans. Il était aussi tailleur de pierres.
Au sein du 47e Régiment d’Artillerie de Campagne, il devint maître pointeur puis maréchal des logis. Il mourut de blessures reçues à Souain lors de la grande offensive de Champagne si meurtrière, le 6 octobre 1915. C’est lui qui était inhumé au cimetière bisontin de Saint-Claude le 19 mai 1922.

Son aîné, Etienne , né en 1888, tailleur de pierres comme les autres membres de la famille, marié en 1910 et déjà père au début de la guerre fut tué à Proyart, le 29 août 1914. A ces combats de Proyart et Harbonnières, dans la Somme, près d’une trentaine de jeunes soldats de Besançon furent « tués à l’ennemi ».

Lucien, le plus âgé des garçons Cussey, né en 1884, garçon de peine au moment de son recrutement en 1905, avait repris la profession de tailleur de pierres au décès de son père en 1908. Comme témoin à la déclaration de décès, il indiqua ce métier. Marié en 1910 et père de famille, il est tué à Beaumont-en-Verdunois au début de la bataille de Verdun, le 23 février 1916.

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