L’affaire Bersot arrive à son terme en avril et juillet 1922

Le Petit Comtois du 12 avril 1922 et du 14 juillet 1922

L’affaire Bersot a fait l’objet d’un billet dans ce blog. Parmi les fusillés pour l’exemple, Bersot est un des plus connus depuis la réalisation d’un téléfilm sur son cas par le réalisateur Yves Boisset en 1997.

Après guerre, la presse locale s’était emparée de cette affaire, pour l’accompagner ou la décrier, à la suite de la Ligue des Droits de l’Homme et de l’Association des Mutilés et Réformés du Doubs et grâce à l’action de l’avocat René Rucklin, conseiller général de Belfort.

                Le Petit Comtois du 12 avril (ci-contre) rappelle l’essentiel des faits qui conduisirent Lucien Bersot devant le peloton d’exécution.

Bersot, né en Haute-Saône, faisait partie de la classe 1901 et relevait du 60e RI de Besançon après son service militaire. Il fit la guerre dans ce régiment et c’est pourquoi son sort tenait à cœur à bien des Comtois.

On a déjà vu comment cette affaire divisait des Bisontins. Malgré l’évidence de l’injustice, certains conservateurs estimaient que l’on n’avait pas à discuter de la chose jugée, même s’ils admettaient l’erreur judiciaire. L’Eclair Comtois s’était fait l’écho de ceux qui considéraient que l’on ne devait pas rechercher la vérité à tout prix au risque de salir l’armée et de donner du grain à moudre aux antimilitaristes. On peut y voir un positionnement typique de celui qui furent en leur temps des antidreyfusards.

Le jugement condamnant Bersot avait déjà été annulé pour vice de forme par la Cour de Cassation en 1916. Mais Bersot n’était pas réhabilité pour autant. La Cour d’appel  de Besançon le renvoya en cassation en avril 1922. Et en juillet, la réhabilitation fut effective.

La cour de Cassation  rendit son arrêt le 12 juillet. Elle ne se contentait plus de suspendre le jugement de 1915, mais réhabilitait la mémoire de Lucien Bersot et dédommageait sa femme et sa fille.

Le Petit Comtois reproduisit le contenu de cet arrêt en une, le 14 juillet 1922. On comprend toute l’importance que cette affaire avait prise à Besançon. ↓

« … La chambre criminelle a prononcé la réformation  de l’arrêt du conseil de guerre spécial de Fontenoy du 12 février 1915, qui avait condamné à mort Lucien Bersot, et déchargé sa mémoire de la condamnation prononcée contre lui par ce conseil de guerre, et accordé 5000 fr. de dommages-intérêts à la veuve de Bersot, Mme Frère, et 15 000 fr. de dommages-intérêts à la fille mineure de Lucien Bersot. »

Dès 1998 Lionel Jospin avait voulu rétablir dans la mémoire collective l’injustice dont avaient souffert ces « fusillés pour l’exemple ». Au début de cette année 2022, une proposition de loi a été adoptée par les députés pour réhabiliter les soldats de la 1ère guerre mondiale. victimes de ces mesures militaires. La procédure législative est en cours.

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