Un conseil  de guerre qui nous ramène en 14-18

L’Eclair Comtois  et le Petit Comtois du 15 mars 1922

A Besançon, quartier général de la 7e Région militaire (Franche-Comté + Ain, Vosges, Rhône) et du 7e corps d’Armée, se tenaient régulièrement des conseils de guerre  et la presse locale en faisait le compte-rendu. La séance du 14 mars est reprise dans les trois journaux locaux et nous plonge dans des faits de désertion et insoumission durant le conflit. En effet, sur les quatre affaires traitées le 14 mars 1922, trois ont leur origine dans le temps de guerre 1914-1918.
Le billet de l’Eclair Comtois mérite d’être enrichi par ceux des deux autres journaux,  la Dépêche Républicaine et surtout le Petit Comtois, pour mieux comprendre les différentes affaires.

Un insoumis d’août 1914, pour avoir échappé à la durée entière de la  guerre,  est condamné à trois ans de prison. Pour autant, la sanction n’est pas appliquée et il bénéficie  de sursis. Il est vrai que cet homme résidait en Suisse au moment de la mobilisation et qu’il se rendit lui-même au consulat français de la Chaux-de-Fonds en février 1922. L’indulgence était devenue la règle pour certaines insoumissions et désertions, mais  les jugements restaient très différents selon la gravité des cas.

Ainsi, si le déserteur Bichon Julien est condamné à cinq ans de prison et à la dégradation militaire, c’est pour avoir récidivé en 1917 après une première désertion en 1915. Et cette deuxième désertion ayant eu lieu devant l’ennemi, juste avant l’offensive Nivelle, le Conseil reste sourd aux explications du soldat qui prétendait s’être perdu dans les boyaux de tranchées. Enfin, c’est suite à une arrestation en  1921 pour vol de lapins que l’autorité militaire put le juger.

La dernière affaire présentée est une réhabilitation, celle d’un Nommé MERLE François, décédé en captivité le 8 janvier 1918.

Né le 6 février 1890 à Saint-Ours dans le puy de Dôme, Il fit un service militaire de trois ans d’octobre 1911 à octobre 1913. Il passa de 2e classe au grade de sergent. Démobilisé, il dut réintégrer son corps, moins de dix mois après, lors de l’entrée en guerre d’août 1914. Adjudant au 11e Bataillon de Chasseurs Alpins, il fut grièvement blessé au bois d’Apremont et obtint citation et croix de guerre.

Après des soins et une convalescence, il repartit au front. Il se trouvait à Curlu, sur la Somme, lorsqu’il disparut au combat. Un témoin l’accusa de s’être caché dans un trou d’obus puis de s’être rendu à l’ennemi. Aussi fut-il condamné à mort par contumace.

Sa veuve demanda la révision de l’affaire et lors de ce conseil de guerre de nombreux témoignages furent donnés en sa faveur sur son comportement ce fameux jour où il fut fait prisonnier. Révisant le premier jugement, l’adjudant fut déclaré non coupable et acquitté.

Plus de trois ans après l’armistice de 1918, certains conseils de guerre plongeaient à nouveau dans les récits du conflit. Sans la pression du temps de guerre, les jugements satisfaisaient généralement les différentes parties.

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