Alexandre Duval  (1847-1922)

La Dépêche Républicaine de Franche-Comté du 22 février 1922

La Dépêche publie une nécrologie inhabituelle en une, ce 22 février. Alexandre Duval était mort quelques jours avant, le 15. Restaurateur fort célèbre à Paris, il avait  hérité des premiers Bouillons créés par son père, boucher, dans le quartier des Halles, ces restaurants bon marché et populaires, mais à la cuisine plus soignée dès la fin de la Belle Epoque. Lui-même multiplia les établissements Bouillon Duval, plus d’une dizaine, et le chroniqueur Henri de Forge, rappelle le sérieux de l’homme d’affaires.


Le Bisontin Alexandre Bertrand – assureur et artiste – lors de ses voyages à Paris fréquentait ces Bouillons pour le déjeuner, réservant les dîners pour répondre à des invitations ou se rendre dans des restaurants plus huppés. Il mangea probablement dans les Bouillons Duval de la rue de la Monnaie et de la rue Montesquieu.

Lors de l’Exposition universelle de 1889, à Paris, un bouillon Duval avait été construit à l’entrée de l’espace consacré à l’histoire de l’habitat.

Jusqu’après la première guerre mondiale, bien qu’il eut plus de 70 ans, Alexandre Duval  resta célèbre  pour sa participation à la vie mondaine et pour ses traits d’esprit. Il était un habitué des soirées courues par les Parisiens dès la fin de la période du second Empire et à la Belle Epoque.  On lui prêta même une tentative de suicide pour une déception amoureuse avec Cora Pearl, cette demi-mondaine qui séduisit le prince Napoléon et le duc de Morny.
Au début des années 1920, le rédacteur le présente comme un des derniers élégants des boulevardiers et considère qu’il avait de la classe en comparaison des noctambules des années folles.

Henri de Forge insiste sur son élégance  et les dessins d’Yves Marevéry en témoignent, comme celui-ci de 1912 ; « célèbre pour sa redingote de velours noir et son habit prune, et son jabot plissé […] pour son petit chapeau… un tube qui n’avait pas le courage de son opinion, un tube évasé et bas, un demi-tube, mais avec mille reflets impeccables … »

Dessin de Yves Marevéry 1912

Il y a, dans la nécrologie de ce personnage, une nostalgie des années d’avant-guerre et une contribution à la formation du mythe de la  Belle Époque.

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