Le centenaire de Pasteur en 1922

Le Petit Comtois du 15 janvier 1922

Le père de Pasteur était natif de Besançon où  sa maison natale est signalée rue d’Arènes. Il y est né le 16 mars 1791. Son père exerçait la profession de tanneur et Jean-Joseph reprit ce métier à Dole, où naquit Louis, puis à Arbois.

Besançon édita une carte postale à l’occasion du centenaire de la naissance de Louis Pasteur.

Peut-être parce qu’il était né en fin d’année, le 27 décembre 1822, et que des commémorations furent reportées en 1923, l’on trouve cette date de 1923 sur ce document.

Le Petit Comtois de ce début d’année 1922, lui rend déjà un hommage avec l’article de Michel Reville. Par-delà l’éloge de toutes les qualités du grand chercheur, l’auteur soulève un problème de moyens qui faisaient défaut aux laboratoires de recherche scientifique français.
Aujourd’hui, des chercheurs avanceraient parfois les mêmes propos :

On a souvent conté de quels pauvres moyens matériels il avait pu disposer pour accomplir ses travaux et faire ses découvertes. On l’a représenté dans ses deux pièces étroites et sans confort, où il était confiné dans le grenier de l’Ecole Normale. L’anecdote ne nous fait pas honneur ; mais il est bon de la rappeler aujourd’hui où l’on dénonce encore partout, mais en vain, la grande misère des laboratoires de France. « Supprimez les laboratoires – disait Pasteur – les sciences physiques deviendront l’image de la stérilité et de la mort. Elles ne seront plus que des sciences d’enseignement, limitées et impuissantes, et non des sciences de progrès et d’avenir… »

Le rédacteur souligne au final un trait devenu rare dans la recherche scientifique toute orientée vers le profit, il s’agit de la recherche pure, désintéressée sinon pour œuvrer au bonheur de l’humanité. Et Pasteur se faisait un honneur de ne s’attacher qu’à elle.

Dans ces laboratoires, il entendait bien ne faire que de la science pure. A l’empereur [Napoléon III] qui s’étonnait un jour qu’il ne songeât point à tirer un légitime profit de ses travaux et de leurs applications industrielles, il répondit : « en France les savants croiraient démériter en agissant ainsi ».

Et il croyait en effet qu’en ne faisant plus de la science pure, il aurait compliqué l’ordre habituel de ses pensées et de son esprit d’invention. C’est à de tels scrupules, c’est à de tels traits que l’on reconnaît un savant proprement français.

Passons sur la remarque nationaliste qui clôt cette dernière phrase, et regardons cette fameuse représentation du savant, à laquelle il est fait allusion plus haut,  présente de longue date dans de nombreux manuels scolaires pour illustrer la recherche scientifique et la gloire de Pasteur.

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