En préparation du tricentenaire de Molière…

… discours de Victor Bérard sur cette commémoration de 1922 et celles de Pasteur et Champollion.

Le Petit Comtois du 13 décembre 1921

France Mémoire, service de l’Institut de France a prévu la commémoration du quatrième centenaire de la naissance de Molière à partir de janvier 2022.

La mémoire collective nationale était déjà entretenue officiellement sous la IIIe République. Ainsi, on anticipait aussi, il y a cent ans, pour le tricentenaire de Molière et la une du Petit Comtois du 13 décembre 1921 reproduisit un discours du sénateur Bérard tout à fait caractéristique de son temps.

Cette anticipation associait le centenaire de la naissance de Louis Pasteur (le 27 décembre 1822), et y ajoutait l’œuvre de Champollion qui déchiffra les hiéroglyphes égyptiens en septembre 1822.  Les mêmes anniversaires importants ont été retenus par France Mémoire pour 2022, ainsi que  des dizaines d’autres
Au vu de la qualité du discours du sénateur, la Haute Assemblée  décida qu’il serait lu dans tous les lycées et collèges le 15 janvier 1922, anniversaire de naissance habituellement retenu pour Molière.

Le sénateur jurassien Bérard a fait l’objet de deux articles dans ce blog. Le premier date de l’an dernier et permet la découverte de cet homme et d’un de ses opposants locaux. Le second, de ce début d’année, aborde sa spécialité avec une de ses conférences sur l’Odyssée.

Photo de Victor Bérard en 1921.
Agence Rol sur Gallica.

Le 9 décembre 1921, le Sénat devait voter des crédits au Ministère de l’Instruction Publique pour les commémorations en l’honneur de Molière. Victor Bérard ne se contenta pas  de louer le talent de Molière, « ce peintre de l’éternelle humanité »,  il exalta d’autres grands Français de la littérature comme Victor Hugo , Bossuet ,Corneille, Racine, Pascal, Descartes, Rousseau, Montesquieu, Châteaubriand, Musset, Voltaire (etc)…

Ne voulant  pas se restreindre aux écrivains, il élargit le rayonnement du pays et ses apports à l’humanité à tous ceux, saints, savants, penseurs, artistes, qui y contribuèrent.

Rappelant le contexte d’après-guerre, le sénateur souhaitait lier la grandeur culturelle de la France à son héroïsme victorieux.

Sur Molière, Bérard choisit habilement ses mots pour souligner l’importance de l’œuvre de Molière. Commençant par des antonymes pour éclairer l’ampleur des talents de l’auteur, il poursuivit en évoquant les personnages comiques, mais vrais, de ses œuvres. Il en montre l’universalité car tout homme s’y reconnaît  – dit-il – ou y voit un voisin proche quand il ne veut pas rire de lui-même.

Et le sénateur du Jura demanda un usage élargi des crédits votés pour l’anniversaire de Molière à la commémoration de Pasteur, jurassien comme lui, et à celui de l’œuvre de Champollion. Insistant pour que ces autres commémorations ne relèvent pas seulement du Ministère de l’Instruction publique mais, préparées en amont, qu’elles associent d’autres institutions et citoyens.

En ce XXIe siècle où commémorer est devenu un rite républicain fréquent, on comprend à la lecture de ce vieil article de presse que ce goût pour la mémoire était déjà vif il y a cent ans.

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