Z, 13, 13 : un  cambrioleur de haut vol 

Les journaux de Besançon du 5 octobre 1921

Le Petit Comtois du 5 octobre 1921 consacre deux colonnes à l’arrestation d’une bande de cambrioleurs. C’est remarquable, ce journal d’opinion ne recherchant pas particulièrement à vendre  en relatant des faits divers. Il est vrai que ces voleurs avaient sévi dans toute la Franche-Comté et même au-delà puisque 14 Parquets les recherchaient.

Le cerveau de la bande, Maurice Moyse, 26 ans, fut arrêté à Salins. On trouva chez lui une centaine de clés, des faux papiers, des gants, des pigeons voyageurs pour ne pas utiliser la poste ou le télégraphe et des plans de divers systèmes utilisés pour forcer barreaux ou portes… tout l’attirail du parfait cambrioleur.

Ses méthodes sont précisément décrites par les différents journaux et témoignent d’une méticulosité et d’une préparation de « professionnel ». Ce qui fait dire à l’Eclair Comtois qu’il était un cambrioleur moderne… plus fort qu’Arsène Lupin.

La Dépêche Républicaine est la seule à noter que Moyse et l’un de ses complices arrêté, lui, à Pontarlier, étaient des communistes militants. Faut-il y voir l’antibolchevisme de la rédaction ? En tous cas rien n’est dit sur un usage éventuel de l’argent pour la cause communiste.

Moyse avoua 14 cambriolages rien qu’à Besançon et, sur une année,  depuis octobre 1920, trente-trois dans différentes localités comme Vesoul, Gray, Lure, Pontarlier, Belfort, Arbois, Lons-le-Saunier. Il ne fait guère de doute que ces vols eurent lieu tant la presse donne de détails sur les victimes, la nature des vols et leur valeur, mais l’homme paraît vantard et  ajoute un recours à l’hypnose exercée sur sa compagne pour lui faire dire où en étaient les recherches de la gendarmerie. Il aurait donc choisi une voyante comme maîtresse…

A Salins, chez lui, on trouva pour  100 000 francs de butin. En 1921, cela correspondrait, selon le convertisseur de l’INSEE,  à plus de 11 400 000 € en pouvoir d’achat 2020. 11 millions d’euros, voilà qui représente un pactole.

Ses complices furent arrêtés à leur tour et sa concubine, une jeune femme de 23 ans ne put être incarcérée que plus tard. Elle était sur le point d’accoucher.

Enfin, peut-être vous demandez-vous pourquoi le titre est affublé de la lettre Z et deux fois le nombre 13 ? Un cachet retrouvé chez le voleur portait ces marques. Il aurait eu l’intention de signer ses cambriolages avec Z comme Zygomar, du nom du personnage de roman de Léon Sazie, ou de film policier, chef de gang, amoral,  affublé d’une cagoule rouge ; et deux fois 13 car ce nombre est celui de la 13e lettre de l’alphabet qui se trouve être l’initiale de ses noms et prénoms, Maurice Moyse.

La Dépêche Républicaine du 5 octobre 1921

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