L’arrivée de l’électricité au village

Le Petit Comtois du 21 septembre1921

Les anciens ont souvent des anecdotes, toutes plus ou moins cocasses, sur les premiers usages de la lumière électrique dans les campagnes. Celle du candide ne parvenant pas à comprendre comment éteindre une ampoule, celle du grippe-sou s’empressant de tourner l’interrupteur pour limiter sa facture. Mais l’électricité fut plus souvent accueillie avec enthousiasme et émerveillement. Les soldats de 14-18 avaient tous vu les avantages de l’électricité dans les villes où leur régiment les conduisit et ils souhaitaient son installation dans leur village. Or, au sortir de la guerre, seules 20% des communes étaient électrifiées.

Deux villages du  Haut-Doubs sont concernés par ce petit article du Petit Comtois: Bonnétage et Plaimbois-du-Miroir. Ils furent parmi les premiers à être équipés car l’électrification des campagnes fut étalée durant tout l’entre deux guerres pour les communes rurales. Comment expliquer cette avance ?

A quelques exceptions près, les seules communes dotées de l’électricité étaient urbaines, y compris les petites villes. Or, les communes rurales, allaient presque toutes en être dotées avant 1939.

Pour cela, les initiatives locales, relayées souvent au niveau des autorités départementales, furent nombreuses.

Les financements ne furent pas que privés. L’Etat et les collectivités contribuèrent largement. La plupart du temps, des groupements de communes et d’intérêts agricoles ne pouvaient pas trouver un autofinancement et les communes dont il est ici question eurent d’abord  l’avantage à pouvoir négocier avec une société privée implantée localement et apte à les fournir en courant basse tension. Plus tard, une loi de 1923 facilita les subventions du ministère de l’agriculture ; cette loi fut renforcée par une autre en 1928 accélérant la formation de groupements désormais assurés d’être aidés.

Les communes de Bonnétage et Plaimbois-du-Miroir bénéficiaient de la proximité d’une société de production et distribution ancienne (1896) et dynamique. Cette société de Belchamp (Voujeaucourt dans le Doubs) fournissait en grande partie les besoins électriques de la région industrielle du pays de Montbéliard où les usines Peugeot et Japy avaient très tôt ce besoin énergétique.

Dans les communes rurales, les particuliers hésitèrent peu à contracter des abonnements une fois la liaison électrique réalisée. Bénéficier de la lumière électrique dans les habitations comme dans les étables représentait une amélioration indiscutable. Les autres usages, dans les fermes du Haut-Doubs dont il est ici question , nous ramènent à l’horlogerie dont la façon à domicile était fréquente. Ce fut aussi, pour certains, la motorisation de petites machines à bois. L’agriculture elle-même, dans cette région d’élevage laitier, profita surtout de l’éclairage.

Après la guerre, Belchamp augmentait aussi sa production avec le site hydroélectrique du Châtelot sur le Doubs (il sera équipé avec un barrage en 1953) où les eaux de la rivière, encaissée dans des gorges et assez torrentueuse, fournissaient une force hydraulique capable d’entraîner des turbines pour un alternateur.

Des villages du Haut-Doubs profitèrent donc de la houille blanche et du savoir faire électrique  de la région industrielle voisine. Ces villages tirèrent avantage du rôle croisé des communes, des départements, de l’Etat et des entreprises privées.

Beaucoup d’autres campagnes furent moins heureuses en raison de leur isolement et durent attendre les années trente pour s’équiper.

On peut remarquer un poteau électrique sur cette ancienne carte postale de Bonnétage.

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