Besançon : une vue aérienne de Bregille il y a près de cent ans

Les plus anciennes vues aériennes prises au-dessus de Besançon datent de 1926-27. Elles ont été faites suite à une commande de la municipalité, en 1925, pour accélérer l’élaboration du plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement de la ville, obligatoire depuis une loi de 1919, et préparé par l’architecte-urbaniste Maurice Boutterin.
Il  existe trois photos pour le quartier de Bregille ; elles couvrent Bregille-Village et Beauregard, Bregille-Vareilles et Bregille-Plateau.
Cette dernière est retenue pour ce commentaire. Vue centrale dans la composition ci-dessous.

Photographies aériennes pour le plan Boutterin d’aménagement et d’extension de la ville.

Pour apprécier ces vues aériennes, rien ne vaut l’usage du zoom sur le site de memoirevive. On peut ainsi agrandir le lieu que l’on souhaite. Le mieux est de se rendre sur le site memoirevive.besancon.fr en suivant le lien ci-dessus qui amène sur : documents topographiques produits par la direction grands travaux. On obtient 15 vues aériennes de Besançon vers 1926-1927 dont les trois de Bregille.
Ouvrir en parallèle les cartes et vues aériennes actuelles du Géoportail sur Besançon ou celles de Google maps. Sur le Géoportail, vous pouvez Remonter le temps et trouver une vue aérienne de 1929 avec une faible résolution. Il faut attendre 1940, pour avoir une autre vue ancienne d’une certaine qualité sur le quartier de Bregille.

Quoi de mieux pour percevoir le temps qui passe dans un quartier que d’observer les transformations qu’il a connues en près de cent ans. S’il n’y a rien d’étonnant à remarquer une densité d’occupation moindre dans le passé, notre curiosité repère immédiatement le bâti et la voierie déjà en place en 1926. Ces rues et édifices  ont traversé le temps et son devenus des repères structurants : les rues des Chemins du Fort (D), des Monts du Haut et du Bas (A et B), (B est devenu la rue des frères Chaffanjon), du Funiculaire alors nommé Sous-Beauregard (E) ou la rue Emile Picard (C) tracent des lacets ou des droites blanchâtres parce que non goudronnées. Les pentes de la colline expliquent les lacets et les rues rectilignes la relative planitude du Plateau et leur tracé récent.

                En 1926, les vignes sont encore présentes, elles sont ici à peine visibles, mais encore bien en place sur le versant nord de Bregille-Village. Quelques grands vergers d’arbres fruitiers plus ou moins ordonnés en lignes parsèment le plateau avec les petites taches noires des frondaisons et partagent l’espace avec des prairies. Partout des potagers, leur nombre impressionnant témoigne d’un mode de vie semi-rural où quelques fermes sont encore en activité. L’actuelle rue des frères Chaffanjon se nommait chemin des Monts de Bregille du Bas ou, sur certains plans, rue des Vergers… et c’est tout dire.

                Des villas se distinguent par leurs toitures compliquées parfois d’une tour à toit pointu et par leur terrain d’agrément aménagé.
Les Maisons d’Enfants des Salins (1) (1917-18) encadrent un jardin bien ordonné, mais les vastes espaces verts alentours sont désormais occupés par les nombreux bâtiments de l’association des Salins, de l’annexe de l’hôpital ou de la Maison Notre-Dame.

L’école du Plateau (2) n’est encore constituée que du premier bâtiment de 1904 et d’annexes sanitaires.
La dernière bâtisse sur la droite du Chemin du Fort, noyée dans les arbres est le Café des Sapins (4) accessible aussi par le raccourci du Gravirot (G) pour qui ne craint pas la grimpette et bien visible par son trait blanc sur la vue de 1926 quand il n’était pas noyé dans la verdure.
 La place actuelle (3) où se croisent le Chemin des Monts et celui des Vareilles n’existait pas. La villa rose en occupe alors l’espace avec jardins et dépendances, mais le café-épicerie (aujourd’hui café-tabac-presse) comme la maison voisine, étaient déjà là.

                Comme la rue Emile Picard (C), la rue du Funiculaire (E), alors Chemin sous Beauregard, n’est pratiquement pas bordée de maisons dans sa partie supérieure, mais elle est croisée et prolongée par des voies bien rectilignes nouvellement tracées, les actuelles rue Jeannot, Mathey Doret et  Léon Boudot (F).  L’urbanisation se préparait sur les hauteurs de la colline par viabilisation ; la densification du quartier commençait.

Cet article a été publié en version papier dans le Journal de Bregille n°327, automne 2021

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s