L’antisémitisme entêté de l’Eclair Comtois

Le Petit Comtois du 5 septembre 1921 et l‘Eclair Comtois du 6 septembre 1921

En fait, il s’agit d’abord de l’antisémitisme de son rédacteur en chef, Louis Hosotte. Plusieurs articles ont déjà montré comment cet homme avait donné à ce journal une ligne éditoriale profondément antisémite.

La virulence de cet antisémitisme permet aussi de comprendre sa longévité jusqu’à nos jours et avec certaines de ses manifestations dans les cortèges des opposants au passe sanitaire et/ou à la vaccination. Ces idées nauséabondes ont durablement imprégné des familles dans lesquelles ont été répétées les mêmes insanités contre les juifs d’une génération à l’autre.

Dans l’éditorial du 6 septembre 1921 de l’Eclair Comtois, Louis Hosotte répond au journal adverse de Besançon, le Petit Comtois, qui a publié la veille un article démontrant la fausseté des Protocoles des sages de Sion. Le rédacteur du Petit Comtois y rappelle ce que serait ce soi-disant plan d’une domination juive sur le monde,  et surtout, retrace l’origine et la diffusion de ce texte «complotiste   depuis 1912.

 La publication des Protocoles avait été faite un an auparavant dans l’Eclair Comtois le 25 septembre 1920.

Dès l’été 1920, Louis Hosotte avait pris fait et cause pour les Protocoles des sages de Sion tant ils confortaient son antisémitisme.
 Quelques semaines avant, Hosotte avait vainement essayé de contrer l’argumentaire d’un jeune juif. Celui-ci  montrait comment sa communauté contribuait à la prospérité de la patrie commune aux juifs, Chrétiens, musulmans et libres-penseurs.

 La présentation de l’Eclair Comtois par son rédacteur en chef le 1er juillet 1921 permet de compléter les références de la ligne éditoriale de ce journal : le cléricalisme et un régime politique autoritaire.

Louis Hosotte a dû enrager lorsque le Times  a admis que les Protocoles étaient des faux. Mais il n’en démordit pas  pour autant ; pour lui, même s’il s’agit de faux, le complot juif reste vrai. Rien ne peut infléchir le racisme de cet homme. Le désaveu de ces Protocoles par l’Action Française elle-même, un journal pourtant imité par l’Eclair Comtois, ne le conduit pas à corriger son point de vue. Il a tout à fait l’état d’esprit des antisémites antidreyfusards de la fin du siècle précédent : pour eux, Dreyfus n’était peut-être pas à l’origine du bordereau trouvé à l’ambassade d’Allemagne et attestant d’une trahison, mais parce qu’il était juif, il ne pouvait qu’être coupable.

Ainsi, pour Hosotte, les Protocoles sont peut-être des faux, mais le complot juif est bien une réalité. Le mal fait par cette publication à l’encontre des Juifs ne le gêne pas, au contraire ; et il ne faut pas compter sur lui pour réparer.

La pratique de la post-vérité avait déjà cours.

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