En vacances en Franche-Comté, en 1817…

… Ou les vacances de Charles Weiss en août-septembre 1817

Franche-Comté & Monts Jura, d’août 1921
Revue mensuelle éditée de 1919 à 1939 et accessible sur memoirevive.besancon.fr

Dans le n° d’août 1921, Georges Gazier, conservateur de la bibliothèque municipale de Besançon confie à la rédaction de la revue Franche-Comté et Monts-Jura le journal de Charles Weiss d’août-sept 1817, période de vacances pour celui-ci. Aujourd’hui où l’on recommande au touriste de découvrir les richesses proches de chez lui (pandémie oblige ou bien volonté de ne pas émettre trop de gaz à effet de serre par de longs transports), on pourra apprécier comment cet intellectuel, alors âgé de 40 ans, se déplace à pieds de Besançon à Exincourt – où il part rencontrer son ami Charles Duvernoy (1874-1850), greffier de justice de paix, historien et érudit du pays de Montbéliard  – en faisant force détours pour découvrir des lieux proches, mais mal connus de ce bibliothécaire.

A pied, accompagné de deux collégiens, il quitte Besançon le 31 août 1817 pour le pays  de Montbéliard. On peut lire dans la revue : « il passera par Ornans et Pontarlier ; puis il visitera la Val de Travers, Montbenoît, Morteau, le Saut du Doubs ; il entrera en Suisse aux Brenets et ira au Locle et la Chaux-de-Fonds, pour revenir en France par Reclère et Damvans. […] Blamont fut la première étape de Weiss dans cette région … » avant d’arriver chez Duvernoy, à Exincourt, le 14 septembre.
Un tel périple représente au moins 150 km de marche et Charles Weiss évoque dans son journal la fatigue et les douleurs qui l’affectèrent fréquemment. Faisant étape parfois à l’auberge, d’autres fois chez des connaissances ou des amis.
Il demeure à Exincourt près d’une semaine et visite autant des lieux chargés d’histoire (comme Mandeure) ou pour leur richesse naturelle et paysagère que des installations industrielles comme cette filature de coton des frères Peugeot à Audincourt ou les usines Japy de Beaucourt.
Il est en pays protestant et souvent des pasteurs sont ses guides : Charles-Louis Berger pasteur de  Vandoncourt, un républicain radical au temps de la Révolution et homme instruit et aisé ; Louis Cuvier, parent avec Georges le célèbre naturaliste, pasteur à Etupes.

Le récit de ce voyage commenté par Georges Graff, le directeur de la publication – Graff écrivait parfois dans le Petit Comtois –, est publié dans 4 exemplaires de la revue édités entre août 1921 et  mars 1923.


Créée en 1919, la revue mensuelle Franche-Comté et Monts-Jura commençait sa troisième année d’édition en été 1921. Cette publication se voulait une défense des intérêts industriels, commerciaux, agricoles, artistiques, touristiques et sportifs de la région.

Autant dire qu’elle pouvait aborder toute sorte de sujets et si vous  feuilletez quelques exemplaires, vous constaterez qu’ils sont principalement historiques et culturels. En consultant les numéros de juin, juillet et août 1921, on trouve des biographies (l’abbé Paul Brune, Emile Isenbart – qui venait de mourir –, Achille Billot, Charles-Antoine Flajoulot), des articles sur Gustave Courbet, une présentation du Musée des antiquités de Besançon, les ressources minières et industrielles du sous-sol franc-comtois, le compte-rendu de courses hippiques à Besançon et Vesoul, celui de banquets de Comtois à Paris en 1827 et en 1921 (les Gaudes), la relation de l’exploit aérien de l’aviette de Gabriel Poulain dans le prix Peugeot, des poèmes dont l’un sur le circuit du Doubs qui venait de faire l’objet d’une forte publicité de la part de la Cie du PLM auprès d’organes de presse français et étrangers, enfin des recensions d’ouvrages divers, différents échos de la vie culturelle comtoise et surtout bisontine.

Revue culturelle comtoise assurément, mais un peu plus bisontine en raison des auteurs, la revue contribuait au régionalisme qui fructifiait à l’époque d’autant que la Franche-Comté tenait à s’affirmer face à a Bourgogne. Les craintes d’une domination de Dijon étaient réactivées depuis 1917 avec un projet de découpage régional qui regroupait des départements bourguignons et francs-comtois.
Le régionalisme restait bien vivant en Franche-Comté et, aujourd’hui, certains aimeraient lui redonner vigueur.

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