Inauguration des monuments aux morts d’Ornans

Petit Comtois du 13 juin 1921

C’est à une journée entière de commémoration, le 12 juin 1921, que furent invitées des personnalités militaires et politiques et tous les Ornanais.
Les monuments aux morts, réalisés la plupart du temps par souscription donnèrent lieu à ces cérémonies remarquables dans les grandes communes et, celle d’Ornans fut une des premières pour les villes de Franche-Comté d’une certaine taille. Seuls des villages avaient commencé à le faire plus tôt car ils n’avaient pas recours à des artistes avec commandes parfois précédées d’un concours.

A Ornans, les cérémonies se déroulèrent devant deux Monuments.

Celui du cimetière avait déjà été érigé pour honorer les morts de 1870-71. Une grande sobriété le caractérise avec une simple colonnade tronquée sur un socle.
On y avait ajouté des plaques de marbre avec la liste des morts de 14-18.
C’est pourquoi la journée commença dans ce cimetière avec l’énumération des 95 noms des Ornanais morts pour la France.

L’autre monument, totalement nouveau, était dû à un artiste local connu, Georges Laithier. Il travailla aussi à la réalisation de celui de Besançon inauguré en 1924, en sculptant une des statues de soldat, et à plusieurs autres, réparant même le fameux écolier du monument de Jougne.

Ce monument aux morts entre dans la lignée la plus fréquente des représentations héroïques d’un soldat à l’assaut. Il s’en distingue par des détails inhabituels : une figure non casquée, au front ceint d’un bandeau sur une blessure ;  une veste aux manches retroussées ; un drapeau percé par la mitraille. Ces quelques touches de réalisme ne minimisent pas pour autant le patriotisme héroïque qui se dégage de l’œuvre.

Un des discours appelle les Ornanais à la réflexion et à la mémoire de ce terrible conflit qui peut recommencer. C’est l’occasion pour son auteur, Arthur Giroud, conseiller municipal qui avait été chargé de la souscription du monument, de montrer le peu de crédit accordé au traité de Versailles et à la signature allemande, d’où les craintes d’une nouvelle guerre formulées ainsi dès cette date, d’ «une Allemagne qui entend bien prendre un jour sa revanche et qui s’y prépare avec une activité fiévreuse ». Giroud termine cependant son discours par son espérance mise dans la société des Nations pour œuvrer à la paix.

Les derniers discours (celui du colonel Gustave Arnoulx de Pirey, commandant le 60e Régiment d’Infanterie, précéda ceux du conseiller général Vernier, du sénateur Ordinaire et, à nouveau, du général Pau) laissèrent place à des chants patriotiques par les enfants des écoles laïques et libres qui clôturèrent la journée.

Ces monuments sont toujours en place actuellement, modifiés seulement par des inscriptions ajoutées  pour les morts de la deuxième guerre mondiale.

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