Ferdinand Buisson rêve encore à une école unique

Le Petit Comtois du 19 mai 1921

La tribune de la une du Petit Comtois est due à Ferdinand Buisson (1841-1932). J’avais oublié la longévité de ce grand pédagogue laïque et j’en étais resté à son œuvre sous Jules Ferry quand il dirigeait l’enseignement primaire ou à son action en faveur de la Société des Nations. Or, en 1921, il est encore député radical-socialiste de la Seine et, à 80 ans, il fait toujours preuve de ses préoccupations pour l’enseignement  – il est alors président de la Ligue de l’Enseignement – et la rupture entre l’enseignement privé confessionnel et l’enseignement laïque continue à le tourmenter. Homme de paix – il est alors président de la Ligue des Droits de l’Homme et travaille au rapprochement franco-allemand –, Ferdinand buisson rêve d’une relation apaisée entre les partisans de l’école laïque et ceux de l’école privée.

Satisfait du vote des députés du Bloc National en faveur des hausses de salaire des instituteurs de l’école publique, Ferdinand Buisson fait une proposition de formation commune aux enseignants du privé et du public dans les écoles normales. Cette formation serait gratuite pour les enseignants du privé dans des cours d’externat. 

Il sait quelles réactions cette proposition soulèvera. Des catholiques n’admettront pas l’influence de libre-pensée que pourraient avoir ces cours sur leurs enseignants. De leur côté, les laïques appréhenderaient les discussions continuelles qui ne manqueraient pas de se développer entre les normaliens et les autres.

Pour Buisson,  ces « deux jeunesses » pourraient parvenir à une estime réciproque et écarter la virulence de leurs oppositions. Il souhaite que tous se préparent à mieux servir leur pays dans des écoles qui resteraient différentes, en apprenant aux petits Français à s’unir come Français avant de s’opposer comme catholiques ou protestants, chrétiens ou juifs.

Les lignes que publie le journal de Besançon doivent être perçues comme une préparation des esprits à l’idée d’une école unique, regroupant les écoles privées et l’école publique.

Le souhait de Buisson reste un vœu pieux à cette date, la querelle scolaire reste vive et durera encore longtemps. Ceux qui, comme lui, œuvraient pour cette école unique rencontraient l’hostilité de nombreux catholiques. L’Eclair Comtois de Besançon leur donnait la parole comme le 10 mai 1920.

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