Difficile reprise des relations entre la France et le Vatican

L’Eclair Comtois du 27 avril 1921

Décembre 1921, Charles Jonnart (1857-1927) retrouve le premier poste d’ambassadeur de France au Vatican depuis 1904. Rompues après des années de tensions entre la papauté et la France républicaine, avec pour acmé 1905-1906, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat et les inventaires, les relations diplomatiques entre les deux Etats ne reprenaient que lentement en 1920-1921. Le combat clérical/anticlérical restait vif au sein du Parlement. Si à l’Assemblée Nationale, le Bloc élu en 1919 comptait un grand nombre de députés se réclamant du catholicisme, au Sénat, les radicaux restaient maîtres du jeu et pouvaient faire tarder cette reprise des relations.

C’est ce qui se passe fin avril 1921 avec l’ajournement au Sénat des débats sur le rétablissement de l’ambassade au Vatican.

Il est facile, à la lecture du journal clérical l’Eclair Comtois, de percevoir l’hypersensibilité des partisans de l’une et l’autre cause et aussi des excès de leurs points-de-vue.

Le rédacteur en chef du journal, Louis Hosotte, parle d’emblée de cancer incurable pour désigner l’anticléricalisme. Il vit ce vote d’ajournement comme un échec pour la France, rien de moins ; et il va jusqu’à ostraciser de France les libres-penseurs, les anticléricaux, comme si les catholiques français représentaient la France à eux seuls.

Il y a cependant plus de justifications à déplorer un risque d’affaiblissement de l’influence française au Proche-Orient libano-syrien. La position française y est fragile et l’appui de Rome pourrait la renforcer avec un soutien de ses communautés chrétiennes plus sûr avec l‘aval du pape appuyant les congrégations missionnaires françaises qui faisaient tant pour la francophonie, ce dont la République voyait l’intérêt.

Quand Louis Hosotte s’en prend à Victor Bérard, c’est par pur rejet d’un adversaire anticlérical d’autant plus détesté qu’il était influent sur Besançon et en Franche-Comté, car il ne pouvait pas reprocher à Bérard de ne pas connaître les intérêts de la France dans le monde méditerranéen, lui qui avait parcouru la Méditerranée avec son propre bateau.

Hosotte ne revient pas sur la situation diplomatique entre France et Vatican pendant la Grande Guerre, puisqu’il n’y en avait pas, et pourtant, ce manque était une véritable faiblesse car le malentendu sur la relation entre le pape et l’Allemagne aurait pu être atténué par des discussions directes.

Les dernières lignes sont un véritable appel à la violence pour l’éradication de l’anticléricalisme par la force des armes. Une fois de plus, il estime que les anticléricaux ne font pas partie de la France et cette France (par ellipse, catholique) devra s’imposer par la force à ses adversaires anticléricaux.

Sa haine est si profonde qu’il les compare à un risque équivalent à celui des Boches.


Le 28 avril, le Petit Comtois répondit avec modération à cette  virulente attaque. ↓

Et, le 2 mai, ce journal rappela ce qu’était, cent ans avant, en 1821, l’emprise de l’Eglise catholique sur la société, sur l’enseignement et sur toute la vie publique.

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