Le Lycée de Besançon

Le Petit Comtois du 17 mars 1921

A l’occasion d’une réunion d’anciens élèves du lycée, prévue le 17 mars 1921, l’archiviste du département du Doubs, Maurice Pigallet, résume ici l’histoire du collège et du lycée de Besançon avant que d’autres établissements ne voient le jour beaucoup plus tard, comme le lycée de jeunes filles en 1882 – devenu lycée Pasteur en 1923 –.

Après un aperçu sur le Moyen-Âge et les écoles du chapitre de la Madeleine, puis sur leur cession à la municipalité en 1511, l’auteur présente le Collège des Jésuites qui récupérèrent l’instruction pour l’élite masculine, parallèlement à l’Université, entre 1597 à 1764. Dans le royaume, ils avaient en charge plus de la moitié des collèges sur un total de plus de cent.

A Besançon, ils assurèrent la construction de bâtiments en 1718-1739. L’église Saint-François-Xavier était construite depuis 1680-88 et servait de chapelle à l’institution. Ces édifices sont encore en place en 1921 et aujourd’hui.

 A l’époque de la monarchie d’ancien régime, Besançon abritait un autre lieu d’enseignement professant des disciplines comparables à celles du collège des Jésuites, le grand séminaire, bâti à la fin du XVIIe siècle pour la formation des prêtres et installé quelques centaines de mètres plus loin dans le même axe de rues.

L’expulsion des Jésuites en 1764 fit passer le collège sous l’autorité de l’Église séculière, donc de l’archevêché. Et quelques décennies plus tard, la Révolution remania l’institution des  collèges royaux.

Maurice Pigallet développe un peu plus cette période. Dès 1790, le maire récupérait l’autorité sur l’établissement et les lois de 1795 fondaient les Ecoles centrales chargées de l’enseignement des lettres et des sciences auxquelles on ajoutait une bibliothèque et un cabinet de physique.

L’Ecole centrale de Besançon inaugurée en 1796  fut organisée par l’abbé Millot, formé par les jésuites, latiniste, historien, académicien, il avait les qualités nécessaires à cette œuvre. Il était assisté par l’adjudant général Jean-Baptiste Bernard Viénot de Vaublanc, un véritable républicain malgré sa particule et qui devint l’administrateur de l’Ecole.

Le rédacteur cite plusieurs professeurs de cette Ecole centrale et du lycée impérial après 1804 : Pierre Joseph Briot, un des fondateurs du club jacobin de la ville, enseigna les Belles-Lettres, la rhétorique avant de devenir député ; Joseph Droz professeur d’éloquence jusqu’en 1803 ; Jean-Jacques Ordinaire (1770-1843) professeur de grammaire, avant d’occuper brièvement le poste de  proviseur du lycée impérial  en 1809, puis 1er recteur de l’Académie. Victor Proudhon (1758-1838), lointain parent de Pierre Joseph, assura des cours de droit avant de devenir professeur à la faculté de droit de Dijon (Besançon ne retrouva une faculté de droit qu’en 1920).

On a compris plus haut que l’Ecole centrale devint Lycée en 1802 sur décision de Bonaparte, puis Lycée impérial sous Napoléon. Maurice Pigallet en rappelle le dur règlement, tout militaire, du 29 thermidor an XI (16 août 1803) avec l’interdiction totale à toute fille ou femme d’y pénétrer.

Enfin, il termine avec le nom de Victor Hugo donné au Lycée tout juste un mois après  la mort du grand écrivain, le 22 mai 1885.
Il conclut avec quelques mots pleins de flatterie  pour les élites locales formées dans cet établissement.

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