Quand on rencontre Filippo Marinetti et Roland Dorgelès dans un billet de presse

la Dépêche Républicaine du 9 février 1921

Le jour de cette rédaction, le journal Le Monde (4 février, page 22) publie une page sur les Arts incohérents qui contestaient par le rire le sérieux du monde de l’art de leur temps, la fin du XIXe siècle. Ce billet s’inscrit dans la même ligne.

Voilà l’occasion d’évoquer le fourmillement artistique de l’après-guerre et même de présenter des tentatives de courants, d’écoles dont l’éclosion ne se fit pas. J’ignorais tout du « tactilisme », dont Marinetti tenta le développement, avant la lecture de cet article.

Marinetti est resté dans l’histoire de l’art comme le rédacteur du Manifeste du futurisme paru dans le Figaro du 20 février 1909.

Le futurisme correspondait à une véritable émergence artistique et des Italiens comme Luigi Russolo ont su porter cet art avec un certain talent. Il ne faut pas y voir seulement une manifestation tapageuse comme elle est attribuée à Marinetti par le rédacteur de la Dépêche Républicaine. Les futuristes rompaient avec le classicisme et les écoles artistiques de leur temps en prônant cette rupture qui consistait à chercher dans la modernité, la vitesse, la violence de nouvelles sources d’inspiration.

Or, ce mouvement futuriste s’éteignait après la guerre, et un autre dont la disruption était plus radicale,  le dadaïsme, faisait parler de lui.

Et le Tactilisme revendiqué par Marinetti correspond bien à une réaction au dadaïsme. On peut y voir la préoccupation d’un homme dont l’aura faiblissait et qui voulait se retrouver sur le devant de la scène avec des propositions provocatrices.

Plus loin, le rédacteur fait le parallèle avec l’Excessivisme de Boronali qui n’était autre que Roland Dorgelès. En 1910, Dorgelès fit faire un tableau à un âne à la queue duquel un pinceau avait été attaché.  Il fit exposer l’œuvre sous le nom de Boronali au salon des Indépendants et elle y rencontra un certain succès. Il rédigea à cette occasion un manifeste de l’Excessivisme pour montrer par ce canular l’inanité de certains mouvements artistiques.

Le Futurisme comme l’Excessivisme montraient l’un et l’autre que l’agitation artistique n’avait pas attendu la fin de la Grande Guerre pour se manifester. Mais la violence du conflit facilita encore ces réactions contre l’art jugé bourgeois ; et ce fut le dadaïsme ou la tentative tactiliste, avant que le surréalisme n’apparaisse.
Roland Dorgelès, avec les Croix de bois (1919) et son rôle dans les jurys littéraires ne renouvela pas sa provocation excessiviste.

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