Carpentier à Belfort : le noble art.

La Dépêche Républicaine du 25 janvier 1921
L’Alsace du 7 février 1921 aux AD de Belfort

A la fin du XIXe siècle, avec la professionnalisation des boxeurs, ce sport prenait une place remarquable parmi les sports populaires, d’abord au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En France, la boxe acquérait sa popularité avant la Grande Guerre et il est vrai que Georges Carpentier expliquait à lui seul une part notable de cette notoriété. Dès 1911 et encore plus après sa victoire du 12 octobre 1920 qui en fit le champion du monde en poids mi-lourds, Carpentier rayonnait pour une longue période sur la boxe en France.

Mais en relevant la fréquence des comptes-rendus de matchs locaux, on comprend que la boxe fournissait un spectacle apprécié par beaucoup. Le 25 janvier 1921, la Dépêche Républicaine donne les résultats de matchs ayant opposé des boxeurs de poids mouche, plume et moyen venant de Dole, Paris et Belfort, dans des rencontres à Besançon.

Et à la page suivante Georges Carpentier est  annoncé à Belfort pour la soirée du 5 février.

Le 31 janvier, le même journal  donne le programme très détaillé de la soirée organisée par l’Union Sportive Belfortaine. Le 26 janvier L’Eclair Comtois fait la même annonce.

L’Eclair Comtois et la Dépêche Républicaine ne reparlèrent pas de cette soirée sportive, mais le Petit Comtois y consacra un tiers de colonne dans l’édition du 8 février.
C’est évidemment dans la presse de Belfort et du Haut-Rhin que l’on trouve les plus longs comptes-rendus de l’évènement.  2 colonnes en p. 3 du journal « la Frontière » du Territoire de Belfort et plus d’une demi-page, soit trois colonnes sur cinq, agrémentée de deux photos du boxeur dans l’édition de l’Alsace du 7 février 1921.

Carpentier ne livra pas vraiment un match ce soir là, mais une démonstration en affrontant son partenaire d’entraînement, Lenaers, essayant de répéter des phases du match qui l’opposait à l’américain Levinsky et qu’il remporta moins de quatre mois avant.

Pour montrer l’adhésion populaire au personnage, le rédacteur insiste sur l’accueil enthousiaste qui lui fut fait à son arrivée à la gare et dans la salle du ring. Et il n’évite pas un  trait de nationalisme favorable au « muscle français » et méprisant vis-à-vis de « la graisse allemande ». L’adjoint au maire de Belfort, M. Marx, qui accueille le champion, insiste en proclamant «nous voulons ici tout près du Rhin, montrer la supériorité de la culture physique française sur la Kultur avec  un k ».

L’exhibition du champion fut précédée de six matchs dont l’un engageait Paul Fritsch, champion olympique aux jeux d’Anvers de l’été 1920 dans la catégorie poids plume. (photo ci-contre)

Il faudra attendre Marcel Cerdan pour retrouver une telle popularité chez un boxeur comme celle de Carpentier.

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