Défendre nos forêts, hier et aujourd’hui.

La Dépêche Républicaine du 21 janvier 1921 (p.2) par L. Hardillers.

Un cri du cœur en faveur des forêts, déjà entendu durant la Grande Guerre en raison des destructions et de la surexploitation qui les affectèrent, au point qu’un lecteur comtois  alla jusqu’à demander un armistice pour les forêts jurassiennes.

L’appel de ce 21 janvier, appel général et pas seulement comtois, s’appuie sur des chiffres et des mots qui peuvent être mis en regard de la situation forestière présente.
https://agriculture.gouv.fr/infographie-la-foret-francaise

En 1921, l’auteur attribue au couvert forestier une surface totale de 9 millions d’hectares pour une occupation du sol de 18 %. Ce sont à peu près  les données de l’époque, légèrement sous-estimées. Il est conscient de l’importance et, en même temps de l’insuffisance de cette ressource au vu des besoins nationaux.

Si hier la forêt avait une telle extension, aujourd’hui la surface boisée a presque doublé avec 17 millions d’hectares, soit 31% du territoire métropolitain. Cette progression a d’ailleurs commencé dès les années 1920.

Les ressources économiques de 1921 sont estimées à 7 millions de m3 de bois d’œuvre, fournissant l’essentiel des recettes forestières, et 16 millions de stères de bois de chauffage (autrement dit 16 millions de m3 apparents).

Comme pour les surfaces, la hausse de production est remarquable depuis ce début du XXe siècle puisqu’elle est du double aujourd’hui : 18 millions de m3 de bois d’œuvre (ils représentent presque les ¾ de la valorisation forestière) auxquels il faut ajouter une dizaine de millions de m3 de bois d’industrie (agglomérés, pellets…) et une trentaine de millions de stères de bois de feu, dont 25 millions en autoconsommation (non commercialisés).

L. Hardillers, le rédacteur de cet article, déplore l’absence de politique forestière au lendemain de la guerre, et aujourd’hui on continue parfois à déplorer la médiocrité de la mise en valeur de la forêt par des coupes abusives acceptées par l’ONF ou à critiquer au contraire une privatisation rampante de la gestion de l’Office National des Forêts, à un moment crucial pour l’adaptation des forêts au changement climatique.

La forêt contribuant aux équilibres naturels, le rédacteur insiste sur son rôle de protection des sols contre l’érosion, de régulateur des débits de sources et cours d’eau comme de son action filtrante pour la qualité de l’eau et de ses interactions avec le climat.

Et, dès cette époque, l’auteur pense à l’intérêt touristique de la forêt.

Il en appelle à une véritable sauvegarde et un repeuplement forestier.  Il attend cela du service des eaux et forêts.

Aujourd’hui, on peut encore récriminer contre la politique forestière et sur la réduction des effectifs des personnels de l’ONF, mais désormais l’urgence est dans l’adaptation des milieux forestiers au réchauffement climatique. Et les professionnels l’ont bien compris qui commencent à sélectionner des espèces aptes à résister à une plus longue saison chaude et à des sècheresses plus marquées et fréquentes, mais qui ne pensent pas nécessairement à un reboisement différent, souhaitant observer comment les espèces actuelles s’adaptent d’elles-mêmes ou cèdent la place naturellement à d’autres.

Les problèmes posés en 1921 étaient donc bien différents de ceux de 2021, mais l’attention portée aux forêts était la même.

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