Gallieni et la victoire de la Marne

La Dépêche Républicaine du 19 janvier 1921

L’inauguration du monument Gallieni  à Saint-Raphaël eut lieu le 16 janvier 1921. La presse nationale et locale ne manqua pas d’en informer ses lecteurs.

Réalisé un peu plus de deux ans après l’armistice de 1918, on doit penser que cet édifice voulait surtout honorer le général Gallieni comme acteur important de la Grande Guerre et d’abord de la bataille de la Marne en tant que gouverneur militaire de Paris, et aussi comme éphémère ministre de la guerre avant son décès en mai 1916. Et c’est exact, mais l’on verra que son oeuvre coloniale n’était pas oubliée.
Il eut en effet l’initiative de préparer le premier l’attaque contre l’armée allemande d’Alexander von Kluck depuis Paris en donnant l’ordre d’attaquer au général Maunoury (6e Armée) dès le 5 septembre. On peut y ajouter l’épisode secondaire des renforts envoyés sur la Marne avec des taxis parisiens le 7 septembre, permettant le succès de la bataille de l’Ourcq. Le socle de la statue rappelle cette action.

Photographie du monument sur Galica, le jour de son inauguration officielle

En général, la presse ne se donnait pas la peine de rechercher le rôle de chaque acteur dans le succès de cette bataille, quand celle-ci concernait tant de corps d’armée et d’abord le Grand Quartier Général de Joffre.

Or, la Dépêche Républicaine du 19 janvier donne ses colonnes à Emile Massard, ancien  commandant  au Gouvernement Militaire de Paris, donc témoin direct de l’action de Gallieni. Très diplomate et ne voulant pas se brouiller avec de hauts militaires encore en vie, comme le maréchal Joffre, général en chef d’état-major en septembre 1914, il laisse au lecteur la décision de donner la paternité de cette victoire de la Marne.

On remarquera toutefois qu’il reconnaît le grand rôle joué par le général Maunoury et la retenue avec laquelle il parle des décisions de Joffre.

Il est donc assez facile de lire entre les lignes pour comprendre que Massard attribue le succès de la Marne à l’initiative de Galiieni-Maunoury.
A titre posthume, Gallieni  sera nommé maréchal de France quelques mois après cette inauguration.

De 1876 à 1905, sa carrière s’était déroulée dans les colonies, d’abord en Afrique occidentale où il finit commandant du Soudan français, puis en Indochine, au Tonkin et enfin à Madagascar comme gouverneur général où son talent d’organisateur ne doit pas faire oublier sa colonisation avec extrême fermeté, utilisant les exécutions et le travail forcé pour dominer la population, même s’il usa de retenue « en combinant la politique et la force ».

Et le monument de Saint-Raphaêl, à l’arrière du socle, rappelle cet épisode de sa carrière avec les termes de l’époque : pacificateur et administrateur de Madagascar.

1921, on était dans l’immédiat après-guerre et , avec les monuments aux morts, les inaugurations  se succédaient dans toute la France.
A Saint-Raphaël , la cérémonie se termina sur la tombe de Gallieni. Photo sur Gallica

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