Noël d’antan à Besançon

On peut évoquer les Noël anciens avec l’orange ou le sucre d’orge reçus par les enfants après la messe de minuit ; souvenirs de frugalité, simplicité et pauvreté de l’époque. Mais à Besançon, comme ailleurs, Noël n’était pas forcément dépourvu de cadeaux et la fête réjouissait beaucoup d’enfants et de parents.

Pour les petits, des bonnes œuvres, des organismes divers organisaient  un Noël comme cela se fait aujourd’hui dans les entreprises ou les associations.

Le journal le Petit Comtois permet d’évoquer le Noël 1922 à la crèche Bersot, une institution à Besançon par son ancienneté. Financée à la fin du XIXe siècle par un industriel local, Louis Bersot, cette crèche avait ouvert en 1882. Elle se voulait modèle par ses installations et son fonctionnement. Des cartes postales des années 1920 en témoignent : architecture de qualité, salles bien aérées et bien éclairées comme celle des bercelonnettes, ainsi nommait-on ces petits lits visibles sur l’image.

Et ce 25 décembre 1922, le journal nous apprend que le bonhomme Noël avait rendu visite, la veille, aux enfants de l’Œuvre des crèches regroupés alors à Bersot. « Un sapin de Noël enguirlandé et paré, un prestidigitateur pour animer et un bonhomme Noël barbu à souhait, courbé sous une hotte qui paraissait joliment lourde, demandant si l’on a été sage et si l’on a mangé sa soupe »… Tout était arrangé par les femmes de la bourgeoisie bisontine et la municipalité pour déclencher rires et cris de joie.

Dans le même journal, mais celui du 24 décembre 1930, c’est le Noël au Lycée Pasteur que retient un chroniqueur. Il signale cette fête comme «une habitude depuis quelques années». Pour le Noël 1930, trois jours de suite l’établissement reçut des enfants. D’abord « les classes primaires de moins de six ans » qui chantèrent et mimèrent avant que le Père Noël ne distribua « des jouets à chacun » ; puis les tout petits et enfin, au troisième jour, les plus grandes «pas moins curieuses de leur surprise que les moins de quatre ans ».

Le 25 décembre de la même année, le rédacteur d’une chronique régulière, « du Noir sur du Blanc », parle d’un jouet de garçon encore bien prisé, le soldat de plomb, pour le défendre contre les personnes qui «tous les ans à pareille époque […] ne manquent pas de partir en guerre contre le soldat de plomb qu’elles tiennent pour un jouet néfaste, propre à donner aux enfants le goût des choses militaires ».

Accessible à tous, la « Crèche Comtoise » avec Barbizier et la Naitoure était un spectacle plaisant qui charmait petits et grands avec l’usage du patois – encore compris par beaucoup à cette époque – et ce n’était pas le moindre des cadeaux. La Dépêche Républicaine du 24 décembre 1920 le rappelle avec une  joyeuse séance rue Ronchaux où des gens de tout âge et de tout sexe se précipitaient, « chantâ, sautâ, caibriaula », du côté de la salle Saint-Joseph. Et, cette année-là « c’était mieux que tout ce qui avait été fait jusqu’à présent ».
(Pour découvrir ou approfondir votre connaissance de la Crèche Comtoise, rendez-vous sur memoirevive à cette adresse : http://memoirevive.besancon.fr/?id=500

                Ainsi, la fête de Noël n’était déjà pas qu’une fête religieuse et elle s’ancrait bien dans les mœurs depuis le XIXe siècle ; sans recourir à la consommation à outrance, les cadeaux faisaient tout de même partie de la fête et il est bon de rappeler que les étrennes du jour de l’an venaient les compléter, pour les moins modestes. Et cette date correspondait souvent au vrai jour des cadeaux.

Ce billet est paru dans le Journal de Bregille de décembre 2020. N°325. Edition : Comité de quartier

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