Jules BLUZET de retour

Le Petit Comtois du 10 décembre 1920

Vous avez pu déjà ressentir le plaisir de retrouver une chronique journalistique appréciée parce que son auteur vous complaît par ses idées, mais aussi par son style.
Si vous avez lu avec un peu de régularité ce blog, vous avez pu rencontrer Jules Bluzet dans de nombreux billets depuis  décembre 2013. Ce chroniqueur  accompagne le Petit Comtois avec sa verve et ses humeurs. Humaniste, profondément sensible à l’injustice, il touche à tous les sujets du citoyen soucieux de l’intérêt public, et c’est parce qu’il ne cache pas ses émotions qu’il est attachant, même si son parti-pris peut être agaçant. Avec constance, il s’engage pour le bien-être animal, à une époque où on n’y pense peu, surtout pendant le temps de guerre. Il approuve le progrès technique et scientifique, mais n’en est pas à un paradoxe près comme son désaveu de la vaccination. De même, sa vision de la société est-elle assez conservatrice et on le voit dans sa désapprobation du féminisme et précisément du droit de vote qui pourrait être accordé aux femmes.

La tribune qu’il signe ce 10 décembre 1920 nous apprend que son état de santé expliquait  son absence depuis 1919.
Le lecteur pouvait désapprouver ses prises de position, celles-ci pouvaient énerver Louis Hosotte le rédacteur en chef du journal adverse,  l’Eclair Comtois, il n’empêche, sa prose était plus agréable à lire que bien des tribunes purement politiques et rébarbatives.

Le Petit Comtois m’est apparu bien terne après la mort de son principal rédacteur en chef, Jules Gros en mars 1919, mais aussi avec l’absence de Jules Bluzet.

Je puis jurer que les lecteurs de décembre 1920 se réjouissaient de son retour. La rédaction en est persuadée et, pour m’être mis à la place d’un lecteur de l’époque depuis 7 ans, j’en suis aussi assez convaincu.

Voici le lien direct pour accéder  à cette nouvelle manifestation d’humeur de Jules Bluzet dans le Petit Comtois.
On y trouve des poncifs sur l’humanité, des appréciations banales, mais de bon sens. Son bref panorama des conflits lui donne raison et son ironie en écrivant que seules la Laponie et la Terre de Feu sont exemptes de guerre est plaisante.

Son côté moralisateur agace et on adhère difficilement à sa condamnation des années folles, de la réaction si humaine qui conduisit parfois à faire la fête.

Mais il faut y voir son souci d’équité car la fête est d’abord le fait des nouveaux et anciens riches et  cela ne passe pas pour les autres.
Laïque, athée, mais moralisateur, Bluzet ne faisait pas l’unanimité. L’Eclair Comtois catholique ne pouvait pas désavouer ses propos condamnant la jouissance effrénée de quelques-uns. Preuve en était donnée dans l’édition du lendemain de ce journal où l’épiscopat condamnait  « les modes immorales », vestimentaires, danses, mixité des sports . Si le dadaïsme effrayait Bluzet, si le tango l’énervait, ses généralisations étaient dans l’excès car il en oubliait la masse des dominés, des laborieux qui ne connaissaient rien ou presque de ces comportements.

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