L’emprunt national de 1920

Diverses éditions du Petit Comtois et de la Dépêche Républicaines de novembre 1920 et ressources de Gallica

Le billet du 26 novembre montrait que la rue avait été utilisée pour favoriser la réussite du grand emprunt national de novembre 1920. Des étudiants avaient manifesté en sa faveur.

On peut aussi voir sur la photo ci-dessous un calicot invitant à acheter, avenue de l’Opéra, des titres de l’emprunt le 25 novembre, un des derniers jours de souscription. L’avenue de l’Opéra abritait entre autre le Comptoir National d’Escompte de Paris (CNEP) et la Banque de Paris et des Pays-Bas.

Mais ce fut surtout l’affichage en faveur de l’emprunt et la publicité dans la presse faits par de nombreux organismes financiers et le gouvernement qui invitèrent à souscrire.
Quelques exemples pris dans la presse locale témoignent de la variété des artifices publicitaires. Si, du temps de la guerre, les affiches en faveur des quatre grands emprunts furent nombreuses, elles proliférèrent à l’occasion du grand emprunt de 1920.
Fait en deux temps, printemps et automne, il octroya un intérêt de 5% puis de 6%. Au cours de la même année, l’inflation fut telle que pour réussir la collecte  il fallut allécher les souscripteurs avec un taux élevé.

Les journaux locaux, nationaux et les panneaux d’affichage publics et privés ne manquèrent pas d’appels à souscription pour ce grand emprunt à 6% en novembre 1920.

Les trois exemples ci-dessous sont extraits des Petit Comtois du 23 et 16 novembre et de la Dépêche Républicaine de Franche-Comté du 22.

Les trois accordent de l’importance au taux de 6% auquel on est parvenu en novembre alors qu’au printemps il n’était que de 5%, alors le même taux que pour le quatrième grand emprunt en 1918. La hausse à 6% devait rallier plus de monde « dans notre propre intérêt et l’intérêt général », « pour une belle récolte, un revenu certain exempt d’impôts », « pour faire travailler l’argent qui dort  dans votre intérêt et celui de la France », « un placement sûr et avantageux ».

Tout en hauteur, et s’intégrant ainsi parfaitement dans une colonne de journal comme le Petit Comtois du 25 novembre, cette information rappelle les images pieuses à message à insérer dans un missel. Marianne y apparaît comme une madone protectrice recommandant d’aider la France contre un avantage financier certain.

Et les banques tenant à vendre de l’emprunt jusqu’au bout furent même ouvertes le dernier dimanche de vente des titres comme  la Société Générale à Besançon.

Les  artistes furent sollicités pour dessiner et peindre des affiches, tantôt par le Gouvernement, tantôt par les banques, comme pendant le temps de guerre.

Le dessinateur Hansi, Jean-Jacques Waltz, naturellement,  travailla pour la Banque d’Alsace et Lorraine et peignit des personnages en tenue traditionnelle avec la coiffe des femmes alsaciennes qu’il avait rendue si célèbre.

Les conceptions originales côtoient les plus classiques.

Ainsi la Banque Commerciale d’Escompte de Paris ou la Banque Nationale de Crédit ont recours à une imagerie habituelle : le coq, la corne d’abondance, la fructification avec pommes et raisins ; la couronne de lauriers sur fond de drapeau bleu blanc rouge.

Le Crédit Lyonnais eut recours à Abel Faivre qui peignit une scène de labour traditionnel au petit matin ou au couchant avec ciel rougeoyant. Il y ajouta la tombe ornée d’un poilu ayant donné sa vie pour la terre, situant ainsi la scène sur la ligne de l’ancien front.
La vie continue et la production agricole augmentera d’autant que l’emprunt sera une réussite.

La Banque de Mulhouse n’innove guère avec ce dessin d’un soldat français, l’arme aux pieds, vigilant face à la plaine du Rhin et l’horizon allemand de la Forêt Noire. L’Alsace a réintégré la France depuis deux ans tout juste et l’emprunt rappelle ce que la guerre a coûté et qu’il faut remboursé, mais aussi ce qui a été récupéré, ici l’Alsace-Lorraine.

L’affiche officielle commandée au peintre Maurice Neumont a recours aussi à une imagerie classique des différentes familles et catégories sociales, toutes ralliées à l’emprunt autour d’un faisceau antique, par devoir et par intérêt. Un gros 6% insiste sur le montant de l’intérêt.

Avec, le Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie, les souscripteurs visés par cette affiche peuvent  venir de ces colonies, mais aussi d’autres colonies méditérranéennes  où cet organisme financier est implanté comme d’autres pays dont le drapeau orne l’image, comme la Grèce ou les Baléares espagnoles.

La même banque fit réaliser cette autre affiche valorisant le dynamisme portuaire, l’activité commerciale et les richesses des colonies. S’il n y pas de reconstruction à réaliser dans ces territoires, il s’y trouve des ressources à exploiter.

Cette affiche de Francisque Poulbot est plus originale et efficace. Sur fond de ruines, une fillette, qui n’est autre qu’une Marianne à la robe bleu-blanc-rouge et au bonnet phrygien,  regarde avec un faible sourire les déchirures et accrocs du tissu que l’emprunt permettra de réparer.
La France peut espérer dans l’effet bénéfique de l’emprunt pour ses enfants incarnant l’avenir.

Le 6e, l’emprunt national de 1920, est considéré comme le plus massif, il vise la reconstruction du pays et le paiement des intérêts de la dette française.
La reconstruction est le thème dominant retenu par les artistes auteurs de ces panneaux, avec l’appel à une participation populaire.

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