Le déclin annoncé des chemins de fer métriques

Eclair Comtois des 5 et 10 juin 1920 et quelques Petits Comtois d’Avril

Regrets ou récriminations dans ce billet intitulé RFC? Il s’agit plus que du mécontentement d’un  usager du chemin de fer de type tacot reliant Morteau à Maîche depuis 1905 avec prolongation jusqu’à Trevillers depuis 1908, la ligne dite du Régional de Franche-Comté.

A Maîche, il déplore d’abord des dysfonctionnements, des pannes fréquentes et il fait grâce des empêchements hivernaux, habituels à cette altitude. Il se désole d’une station mal équipée, sans horloge (et Maîche est pourtant en pays horloger) et dont la grue de transbordement des charges lourdes ne fonctionne pas. Cette ligne avait pourtant connu une activité soutenue durant le temps de guerre.

La gare de Maîche périclitait déjà, à peine deux ans après la guerre et pourtant, le rédacteur le rappelle au début de ses propos, la charge de cette ligne revient largement aux contribuables car le département du Doubs la subventionne généreusement. Malgré ces aides la Cie Le Régional de Franche-Comté ne tire pas beaucoup de profit de cette ligne et la néglige.

On constate donc le manque d’entretien de ces petites lignes vicinales, l’absence d’investissements compromettant leur avenir. Et l’on comprend ce qui est en train de se passer à la lecture de la presse locale de l’époque ; la route prend petit à petit la place.

Le Petit Comtois livra plusieurs articles de Jean Fargès en avril 1920, dans lesquels l’utilité du transport par autobus est démontrée. Il a beau faire attention à préserver les petites lignes de chemins de fer, il insiste sur les subventions de l’Etat, des départements et même des communes pour soutenir les nouvelles lignes de transports automobiles routiers.

Le Conseil Général du Doubs, dans sa séance du début mai 1920, se montre très ouvert aux autorisations de lignes d’autobus et déjà moins enclin à prévoir des prolongements ou des créations de nouvelles lignes ferroviaires. Toute une série de subventions pour des lignes d’autobus est envisagée : entre Saint-Hippolyte et Brémoncourt, Hérimoncourt et Damvant, Maîche et Saint-Hippolyte, Baume-les-Dames et Valdahon…

L’Éclair Comtois du 10 juin donne la totalité des articles de la Convention signée entre la Préfecture et l’entreprise Vadam de Valdahon pour le transport automobile de marchandises et de voyageurs entre Valdahon et Pontarlier et Valdahon et le Russey.

 Le tournant est pris, localement, pour les transports à courte distance. La route commence à primer sur le rail, même si le maintien des voies ferrées locales est encore garanti pour quelques années. On voit se dessiner les préférences des départements pour l’autobus et le camion et pour des Cies privées, certes subventionnées, mais ne nécessitant pas d’investissements.

Sur les petites lignes locales en Franche-Comté, lisez Aristarque Mandrillon. pour le Doubs.
Et pour le Jura.

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