La crèche Bersot de Besançon

Le Petit Comtois du 8 juin 1920

Cette crèche existe depuis la fin du XIX e siècle. Elle est toujours en activité. François Louis Bersot (1822-1888), un industriel local, bienfaiteur de la ville, la finança. Buste de Louis Bersot sur memoirevive

Ce compte-rendu d’une visite à cette crèche interroge : s’agit-il d’une information intéressée ou d’un simple compliment pour le bon fonctionnement de cet établissement ?

Les ressources de mémoirevive nous permettent de confronter les informations données par l’auteur du billet et les photos de cartes postales. Celles-ci sont datées entre 1904 et 1930 et correspondent donc chronologiquement au commentaire de cette sage-femme édité ce 8 juin 1920.

D’extérieur, la crèche a peu changé et la structure du bâtiment est la même, mais la façade avec verrière ouvre désormais sur la rue de Lorraine. Cette rue a été prolongée en 1973 jusqu’à l’avenue Gaulard longeant le Doubs et isolant ainsi la crèche de l’actuel collège Lumière.  Sur la photographie de cette carte postale de l’entre-deux-guerres, la rue de Lorraine vient buter sur le mur d’une cour devant la verrière.

Si l’on compare les photos du début XXe siècle avec les propos de la sage-femme à l’origine du billet de presse, on peut établir des correspondances. Ainsi, elle parle de « salles bien aérées et bien éclairées ». L’importance des baies vitrées sur toutes les façades visibles sur la photo va dans le même sens.

La salle dortoir correspond aussi aux remarques de la sage-femme : la taille des fenêtres, leurs vasistas ouverts corroborent les remarques sur la luminosité et l’aération.

Des bercelonnettes, dit-elle, – un terme disparu pour désigner des berceaux proches de petits lits par leur taille –, dont le nombre peut être estimé à une quinzaine, sont disposées tout autour d’un grand fourneau central. Les draps semblent impeccables. Quatre adultes pour à peine une dizaine d’enfants assurent les soins et la garde des petits. Propreté irréprochable… Personnes très dévouées et expérimentées, ce sont le termes du billet de presse.

L’autre image sur laquelle on identifie table à langer, lavabos avec double robinetterie (donc avec eau chaude), baignoires, confirme la place accordée à l’hygiène.

Ce billet dans le Petit Comtois n’est pas une publicité en tant que telle, mais y fait tout de même penser. En tous cas l’information semble intéressée et n’est pas un simple compliment sur le bon fonctionnement de cette crèche. Y’avait-il un manque réel d’inscriptions pour inciter des mères à y recourir en leur vantant les qualités de cette maison ? La sage-femme parle d’un coût  modique, mais n’était-il pas déjà trop élevé pour beaucoup de bourses ?
Les deux photographies ci-dessus (peut-être prises avant ou après 1920) ne montrent pas des espaces bien occupés par les bambins. Les effectifs paraissent restreints.

La caution donnée par une sage-femme, habilitée à avoir une opinion sur les nourrissons, est utilisée afin de convaincre des familles de confier leur enfant à cet établissement.  

D’autres bustes de Louis Bersot sont visibles à Besançon, l’un au-dessus de la porte même de la crèche qu’il finança et pris son nom, l’autre au cimetière des Champs Bruley sur le monument construit par la ville en son honneur et réalisé par le sculpteur Just Becquet.

Monument Louis Bersot au cimetière des Champs Bruley, sur Wikipédia

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