Au détour d’une lecture, le général Tabouis me ramène à Geneviève…

L’Eclair Comtois du 1er juin 1920

Geneviève Tabouis fut un personnage radiophonique qui en intrigua plus d’un lors de ses chroniques « les Dernières nouvelles de demain » et sa voix est impérissable dans ma mémoire. Cette voix  peu agréable ne laissait pas indifférent. Le contenu des sujets abordés, quand il m’arrivait de les entendre dans les années 1960, m’échappait la plupart du temps et j’étais bien incapable de définir son opinion, mais toutes ses interventions ouvraient sur ces mots : « Mesdames et Messieurs, attendez-vous à savoir… » Et elle concluait invariablement par «  A dimanche prochain pour les dernières nouvelles de demain ».

Mais revenons à notre quotidien. L’Eclair Comtois cite le général Georges Tabouis (1867-1958), oncle de Geneviève. Il réagissait alors à des comportements scandaleux pour un militaire sensible, à juste titre, aux morts de l’Hartmannswillerkopf. Le journal signale qu’il était alors commandant, avec le grade de lieutenant-colonel, d’une brigade de bataillons de chasseurs et les combats menés par les chasseurs alpins ou le 152e Régiment d’Infanterie au Vieil Armand le concernaient au premier chef. Il se distingua lors du 3ème épisode de la bataille en avril 1915 comme le montre cet extrait de son dossier de la Légion d’Honneur (il était Chevalier depuis juillet 1914)

L’Hartmannswillerkopf focalisa l’attention en raison de la dureté des combats que s’y livrèrent Français et Allemands, surtout en 1915.
Le milieu naturel, celui de la montagne vosgienne, en faisait un terrain de combat particulier en raison des pentes, de l’altitude et des rudes hivers.
Mais Georges Tabouis est peu au fait du bilan des pertes. Il donne 5 000 tués, dont 2 000 Français, alors que les historiens estiment le nombre total pour les deux camps proche de 25 000. Même si ce bilan humain reste aujourd’hui mal établi, il est minimisé sans raison par le général, sinon par méconnaissance.
Sa condamnation des comportements irrespectueux commis par des touristes est totale, mais reste modérée et se contente du qualificatif d’écervelés pour désigner ces gens.

La nièce de Georges Tabouis, Geneviève (1892-1985), a marqué épisodiquement mes dimanches par ses dernières nouvelles de demain qui s’invitaient dans ma matinée comme une sorte de rituel. Ainsi, sur Radio Luxembourg, sans m’en rendre compte, ses chroniques de relations internationales contribuaient à me donner le goût de la géopolitique en m’initiant aux affaires étrangères.

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