Louis Niel

La Dépêche Républicaine de Franche-Comté du 29 avril 1920

À la lecture de la tribune de la Dépêche Républicaine de Franche-Comté du 29 avril 1920, titrée les « briseurs de grèves », on s’attend à rencontrer le point de vue d’un conservateur ou d’un libéral favorable à la libre entreprise et insupportant les grèves à répétition de ces années 1919-1920, surtout quand elles affectaient des services publics comme le chemin de fer, la Poste (P.T.T.) ou l’enseignement primaire (grève des instituteurs), gênant ainsi la production et le commerce.

Et l’on est surpris de découvrir l’opinion d’un syndicaliste et socialiste, longtemps aux responsabilités à la CGT (il en a même assuré le secrétariat général au début de l’année 1909), Louis NIEL. La lecture du Maitron en ligne s’impose pour mieux connaître ce personnage.

Lui-même refuse de nommer « briseur de grève » celui qui se rallie à cette Ligue Civique dont il traite dans son article. Cette organisation se donne pour but d’intervenir dans des domaines très variés de l’activité, en remplacement des grévistes, quand la paralysie de services publics menace la survie même du pays. Il n’est pas contre la grève. On l’aurait deviné pour un ancien secrétaire général de la CGT, à moins qu’il n’ait totalement changé d’opinion politique.

Non, ce n’est pas le cas, il reste un syndicaliste, un socialiste réformiste, persuadé de l’intérêt de la grève pour l’amélioration de la condition ouvrière, mais convaincu des excès commis par des « professionnels de la grève » mettant en grave difficulté la vie économique.

Il s’oppose aux révolutionnaires, qu’ils agissent au sein de la SFIO (elle n’est pas encore officiellement scindée en un parti communiste et un parti socialiste) ou au sein de la CGT. Il dit que la Ligue Civique ne s’oppose pas à la grève, mais souhaite maintenir le fonctionnement d’un secteur d’activité dont l’arrêt mettrait en péril la santé, la vie publique de toute la nation et de toute la communauté.

Ce que l’on peut lire sur Louis Niel est très documenté pour les années 1901-1910. Son rôle était alors celui d’un dirigeant de premier plan au sein de la CGT, et déjà il s’opposait à la grève générale.

Réformiste affiché à partir de 1910, il ne fit plus beaucoup parler de lui par la suite et cette tribune de presse fut une de ses rares interventions où il fit part d’une opinion générale.  

Les grèves de cheminots provoquaient le plus de réactions hostiles et le Petit Journal du 30 mai 1920 se range du même côté que Louis Niel et la Ligue Civique quand il illustre sa une par l’ovation faite par des usagers à un mécanicien improvisé.

Le récit fait dans ce journal peut être lu en page 2.

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