Mirabeau à Pontarlier

Petit Comtois du 20 mars 1920

Voilà un propos inhabituel pour ce blog puisqu’il nous plonge dans la fin du XVIIIe siècle avec un sujet léger. Mais il concerne Mirabeau et l’affaire dont il est question fit parler d’elle longuement à Pontarlier où elle se déroula et où elle fut jugée.

Son intérêt est de rappeler l’importance des conférences de l’époque. Celle dont il est ici question, dite populaire, était organisée par le mouvement laïc. Elle se tint à Luxeuil et vint clore un cycle commencé au début de l’hiver.

Les professeurs de l’époque tenaient souvent à faire profiter de leurs connaissances les habitants du lieu de leur établissement. Cette habitude persiste parfois. Parallèlement, les cléricaux avaient aussi leurs conférenciers et, au moins dans les grandes villes, on pouvait avoir à faire à des conservateurs ou à des progressistes comme ceux du christianisme social de marc Sangnier.

D’autre part, il est appréciable de disposer sur Memoirevive de la copie du « Procès criminel poursuivi contre Mirabeau devant le bailliage de Pontarlier, au sujet de l’enlèvement de la marquise de Monnier : requête du marquis, dépositions des témoins, sentence condamnant le ravisseur à la peine capitale et procès-verbal de son exécution en effigie (août 1776-juillet 1777) ».

Ces sources originales ont vraisemblablement été utilisées par le conférencier. On y trouve la relation haute en couleurs de la fuite de Sophie de Monnier pour rejoindre son amant Mirabeau.

Mirabeau, libertin, joueur, avait déjà été emprisonné à la demande de son père avant de convoler avec la jeune Sophie mariée au marquis de Monnier, de cinquante ans plus âgé, et président de la Chambre des Comptes de Dole. Après leur fuite, Mirabeau et Sophie furent jugés par contumace.

La sentence pour adultère, prononcée le 10 mai 1777,  a de quoi amuser aujourd’hui, mais elle ne plût pas à Mirabeau, non pas pour la décapitation de son effigie, mais pour les 40 000 livres de réparation au marquis de Monnier à qui il avait enlevé la femme et l’honneur. Quant à Sophie de Monnier, elle fut condamnée à l’enfermement au Refuge de Besançon ou dans  un autre, à être rasée et vêtue comme les filles de la communauté religieuses du refuge. Elle perdait sa dot au profit de son époux qui devait tout de  même assurer sa pension  pour 600 livres par an, payables par trimestre.

Mirabeau reviendra à Pontarlier en 1782 pour défendre sa cause et éviter le paiement de la totalité de sa dette au marquis de Monnier.

Cette conférence conciliait la petite et la grande histoire avec cette frasque de Mirabeau avec Sophie de Monnier. Elle permettait aussi de rappeler qu’il fut ce grand orateur des débuts de la Révolution et, quoique comte, prit parti pour le tiers état.

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