HANSI, Jean Jacques WALTZ (1873-1951)

La Presse Bisontine qui remplace alors (jusqu’au 17 février) les éditions des trois journaux bisontins présente assez peu d’intérêt en raison de sa neutralité politique. C’est l’occasion de revenir sur ce personnage de l’Alsace francophile, Hansi. Il a déjà fait l’objet de plusieurs billets sur ce blog, au même titre que Zislin, moins connu, mais tout aussi engagé.

Sur cette photo, Zislin est à la gauche de Hansi. Extrait de Hansi, une vie pour l’Alsace, par M. Loetscher et Y. Scheibling. La Nuée Bleue 2006.

De l’avant-guerre et du temps de guerre, le départ de Hansi pour la France a été présenté ici ; de même les menaces de la justice allemande à son encontre, menaces liées à la publication de Mon Village en 1913.

Accessoirement, le pangermanisme avait fait l’objet d’un billet pour une conférence tenue par l’avocat de Hansi, à Besançon, en février 1914. Hansi était un actif opposant  au pangermanisme.

Entre 1914 et 1918, l’artiste mobilisé participa à la propagande. Le dessin ci-dessous, de 1915, en témoigne ; extrait de La Grande Guerre par les artistes : éditeur Berger-Levrault à partir de novembre 1914.
Ces Prisonniers boches sont moqués à travers leur pain KK. Et la propagande saute aux yeux avec ce déplacement de frontières plaçant Colmar en France.

Hansi fut interprète et dessina des quantités de cartes patriotiques et images d’Epinal. Mais il œuvra aussi à une propagande active, en allemand, larguée par avion dans les lignes ennemies.

Dans l’après-guerre, après une reconnaissance méritée en 1918-19, Hansi  dessine « L’Alsace heureuse » publiée en décembre 1919. C’est un prolongement en temps de paix de ce qu’il avait déjà si bien su montrer des souffrances de sa province aimée dans Professor Knatschké en 1908, pamphlet contre le pangermanisme et l’Alsace allemande ou dans Mon Village– ceux qui n’oublient pas paru en 1913.

Hansi en 1919, avec le chapeau noir ; sur Gallica Bnf

Durant l’entre-deux-guerres il dessine inlassablement son Alsace réalisant, entre autres, des livres d’art sur Colmar, sur les clochers et les vignes et sur la montagne Sainte-Odile. Il se consacre aussi au musée d’Unterlinden, à Colmar, comme conservateur à la suite de son père, ainsi qu’à l’héraldique.

Ses dessins à la ligne claire, aux détails remarquables, aux couleurs simples mais expressives en font un artiste reconnu.

Obligé de quitter à nouveau l’Alsace en septembre 1939, pour le Sud de la France, il sera poursuivi par la Gestapo avant de se réfugier en Suisse. Il retrouvera Colmar en juin 1945, mais sa maison vide. Il termine sa vie très fatigué, mais avec des honneurs. Il meurt en 1951.

Son compatriote Tomi Hungerer ne l’épargna pas dans les années 1970, écrivant à son propos : « Hansi n’a vécu que devant un seul horizon, d’un bleu troufionné, stérilisé, désexué, fictionné d’un arc-en-ciel tricolore […] Hansi, artiste bourgeois plus petit que grand, se promène pour carte-postaliser une Alsace bonne à rassurer le bourgeois. » Citation provenant de Hansi, une vie pour l’Alsace, par M. Loetscher et Y. Scheibling. La Nuée Bleue 2006.

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