Le Petit Comtois toujours soucieux de laïcité

Édition du 13 janvier 1920

La lutte entre cléricaux et anticléricaux redevient un des thèmes favoris d’une partie de la nouvelle majorité parlementaire et de ses opposants.

Il est vrai qu’un certain nombre de députés se revendiquant cléricaux cherchent à prendre une revanche contre les lois laïques et de séparation de l’Église et de l’État. De même, ils veulent que l’État français rétablisse les relations diplomatiques avec la papauté.

Ces cléricaux, dont les journaux comme l’Action Française et la Croix (ce dernier, dirigé par un des fondateurs de l’Eclair Comtois, Jean Guiraud), soutiennent l’action, comptent sur l’échec électoral de beaucoup d’anticléricaux pour arriver à leur fin.

Mais les radicaux et, à Besançon, leur organe local du Petit Comtois sont dans le même état d’esprit de lutte.
Quand localement, ils remportent les sénatoriales de janvier 1920, ils sont les premiers à parler de revanche après leur échec aux législatives. On le lit dans l’édition du 12 janvier où une tribune triomphaliste témoigne de la vigueur conservée par les radicaux au niveau des élus locaux ; ce qui leur valut l’élection de nombre de leurs sénateurs candidats.

Ici, le rédacteur se garde bien de rappeler que le mode de suffrage pour ces élections n’est pas celui du suffrage universel direct.  Déjà, le 5 janvier, Louis Hosotte pressentait pour la majorité à l’Assemblée Nationale, la gêne d’un Sénat plus à gauche et toujours favorable aux lois sur la laïcité.

Dans cette tribune, Emile Combes est longuement cité pour justifier la politique laïque de la République. Cet ancien président du Conseil (1902-1905) incarne la plus virulente politique anticléricale conduite par les radicaux avant guerre et, de la part du rédacteur de cette tribune, on peut voir une forme de détermination mais aussi de provocation à l’égard des cléricaux en faisant ainsi référence à ce champion de l’anticléricalisme.

Combes désapprouvait une reprise des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, mais elles furent tout de même rétablies en 1921. Sur ce point-là les cléricaux eurent gain de cause et la rédaction du Petit Comtois se leurrait sur la capacité de résistance des gauches.

L’Éclair Comtois ne put répliquer au Petit Comtois, comme il ne l’aurait pas manqué s’il n’y avait eu, le lendemain, grève des ouvriers du Livre et interruption des trois journaux de Besançon pendant plus d’un mois.

Le prochain article, pour le 14 janvier 1920, relatera cette grève de la presse locale, franc-comtoise et bourguignonne, donc bisontine et dijonnaise, d’une durée inattendue.

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