Le journal passera-t-il à quinze centimes ?

L’Éclair Comtois du 8 janvier 1920

Déjà en août 1917, pendant la guerre, les rédactions avaient préparé leurs lecteurs pendant un mois pour leur faire accepter l’inévitable hausse de cinq à dix centimes de leur journal. La décision ne revenait pas à chaque organe de presse, mais à l’office national de la presse et au gouvernement.

Ce 8 janvier, l’Éclair Comtois s’y prend à l’avance pour préparer ses acheteurs au même effort; en effet, il faudra attendre sept mois pour que la hausse soit effective. Même s’il semble défendre le prix de dix centimes en proposant une étonnante façon d’éviter la hausse, il n’en est pas moins question d’un passage de dix à quinze centimes l’exemplaire (trois sous). Cela représentait tout de même une augmentation de 50% et concordait avec le rythme soutenu de l’inflation depuis 1917.
Le prix allait tripler en deux ans et demi alors qu’il était resté stable, à cinq centimes, pendant près de cinquante ans avant septembre 1917.

Le manque de papier et surtout son prix exorbitant était encore à l’origine de cette hausse envisagée. Et d’autres coûts intervenaient aussi : les salaires, l’encre, les machines…

Pour trouver une solution sans passer aux trois sous l’exemplaire, une proposition est faite par certaines rédactions : renoncer aux éditions du lundi.  Et d’autres actions méritent d’être commentées ; la principale concerne le « bouillonnage »  – le terme désigne l’ensemble des exemplaires invendus d’une édition – En fait, il s’agissait de lutter contre une forme de gaspillage. Le papier était rare et cher, alors aux journaux d’éviter des tirages injustifiés s’ils  ne pouvaient les vendre.

La hausse est effective le 1er juillet pour tous les journaux et l’Éclair Comtois en profitera pour rappeler sa ligne éditoriale, c’est à dire quel journal d’opinion  il était. Louis Hosotte s’en prenait alors une fois de plus à la grande presse et valorisait les petits journaux d’opinion comme le sien.

La République de l’Isère ou le Télégramme, cités par l’Éclair Comtois le 8 janvier, ne furent pas suivis dans toutes leurs recommandations ; toutefois, les éditions des journaux de Besançon se contentèrent de 2 pages le lundi quand toutes les autres passaient à 4, y compris celles du dimanche pour lesquelles 6 pages étaient parfois souhaitées pour les publicités.

Les journaux locaux respectaient un accord commun qui empêchait toute concurrence. Seules la qualité des rédacteurs et leur opinion faisaient la différence.

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