Louis Hosotte contre Jules Jeanneney

L’Éclair Comtois du 5 janvier 1919

Le rédacteur en chef de l’Éclair Comtois s’immisce dans les débat à propos des élections sénatoriales. Localement, il sait la puissance des radicaux dont le leader n’est autre que Jules Jeanneney, maire de Rioz, en Haute-Saône, sénateur depuis 1909, mais aussi sous-secrétaire d’Etat auprès du Président  du Conseil, Georges Clemenceau, depuis novembre 1917.

Il parle d’ailleurs de « l’Empereur » Jeanneney, et même du « dictateur saônois » tant son influence locale en fait un notable de premier plan et tant il le déteste pour être le représentant honni de ce parti anticlérical. Pourtant, il pense que Jules Jeanneney peut ne pas être réélu aux sénatoriales de 1920.

Son reproche principal tient dans les positions adoptées par Jules Jeanneney, de gauche donc, qui demande au Sénat – les radicaux y sont encore majoritaires – de s’opposer à la politique du Bloc National qui constitue la nouvelle assemblée de droite. A cette position de blocage, Louis Hosotte a répliqué en demandant simplement la suppression du Sénat

Et Hosotte, qui aime les références historiques quand elles l’arrangent, rappelle qu’il fut un temps (1875-1877) ou ce sont les Républicains de gauche qui s’élevaient contre un Sénat de droite sous prétexte de conservatisme à abattre. Et, selon lui, en 1919, ce serait le Sénat de gauche qui deviendrait conservateur en s’opposant à l’Assemblée  Nationale élue le 16 novembre.

Il critique ensuite, comme le faisaient antérieurement les Républicains, le mode électoral des sénateurs qui ne relève pas d’un suffrage universel direct. Et il vitupère contre cette assemblée, « sorte d’asile pour gâteux de la politique ».

Mais Louis Hosotte ne se fait pas trop d’illusions sur les résultats à venir des élections sénatoriales. Il connaît le rapport de force entre élus locaux de gauche et élus de droite – seuls électeurs pour les sénatoriales – favorable aux premiers. Aussi aspire-t-il à un Sénat différent, qui serait constitué de représentants des forces actives de la nation : université, chambres de commerce et d’agriculture, syndicats agricoles et ouvriers, un Sénat fait de représentants des corporations.

Pour l’Eclair Comtois, le succès du Bloc National ne suffit pas, il ne faudrait plus aucune opposition et surtout la disparition de ces anticléricaux abhorrés que sont les radicaux.

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