Besançon : délinquance d’hier…

… proche ou éloignée de celle d’aujourd’hui ?
Galopins, sauvageons ou caillera?
Le Petit Comtois du 28 novembre 1919

La relation par le Petit Comtois du 28 novembre 1919 de l’arrestation d’une bande de voyous de la ville de Besançon exprime différences et ressemblances avec la délinquance d’aujourd’hui.

Les faits sont de tout temps, ceux d’une bande de petits voleurs écumant la gare et une rue où habitent plusieurs d’entre eux, la rue Bersot. Les noms, les adresses et les âges de ces jeunes délinquants sont donnés par le chroniqueur. Quatre avaient quatorze ans ou moins (11 ans pour le plus jeune), Ernest, David, Lucien et Édouard ; les quatre autres, de quinze à dix-sept ans dont une fille, Andrée, présentée comme une sorte de cheffe de la bande. En tous cas, le journaliste lui prête de l’influence sur le groupe et des qualités d’organisation.

Leur terrain d’action (voir plan ci-dessous), hormis la gare Viotte où furent pris deux des plus jeunes permettant de remonter à toute la bande, était la rue Bersot et surtout les casernes d’artillerie du bas de cette rue où l’intendance stockait du matériel aisément revendable.

A cent ans d’intervalle, deux remarques viennent à l’esprit à propos de ce compte-rendu de presse.
La première concerne le titre : une bande de galopins. Un journal actuel parlerait de caillera ou de délinquance en bande organisée, mais n’utiliserait pas cet adjectif modéré, galopin, que l’on réserve à des enfants un peu turbulents, mais pas nécessairement délinquants. Le terme de galopin m’évoque le mot employé par l’ancien ministre de l’intérieur il y a vingt ans, Jean-Pierre Chevènement, qualifiant comme sauvageons les gamins qui attaquaient la police et cassaient le mobilier urbain dans certains quartiers, mot qui semblait minimiser leurs actes.

La seconde vient du troisième paragraphe où l’on lit la vantardise de ces jeunes qui apprennent avec plaisir qu’ils vont figurer dans la presse locale avec leurs noms. On imagine aisément, aujourd’hui, les mêmes faire des selfies ou des vidéos de leurs exploits pour les diffuser sur les réseaux sociaux.
L’état d’esprit des gamins délinquants de 1919 n’est pas si éloigné de celui de 2019.

Enfin, le journaliste conclut que l’usage des verges, serait plus mérité que la prison. Aujourd’hui, l’expression est désuète, mais au café du commerce on entendrait facilement les mêmes propos en faveur de sévices corporels à l’encontre des délinquants, jugés plus efficaces que l’enfermement.

Les lieux : gare Viotte et rue Bersot et casernes

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