Sarah Bernhardt de retour à Besançon

Le Petit Comtois du 11 octobre 1919.

Le Petit Comtois annonce une conférence de ce « monstre sacré » que fut Sarah Bernhardt.  Elle devait s’exprimer au théâtre de Besançon sur Edmond Rostand qu’elle avait bien connu. L’actrice mondialement connue à travers les tournées de sa propre compagnie théâtrale passait pour la troisième fois à Besançon.

Sarah Bernhardt par l’atelier Nadar en 1900

En 1899, Jules Huret avait fait une biographie de Sarah Bernhard ↓. Ce grand interviewer lui avait donné la parole et avait complété avec talent la description de sa carrière – alors en plein apogée –, passant en revue tout ce qu’elle joua jusqu’en 1899.

Edmond Rostand avait écrit la préface de cette biographie. De cet auteur, elle avait déjà joué la Samaritaine et, en 1900, elle joua l’Aiglon. Rostand écrivit la formidable vitalité qui l’animait : [elle] se précipite sur une scène obscure ; anime de son arrivée tout un peuple pâle qui baillait, là, dansl’ombre ; va, vient, enfièvre tout ce qu’elle frôle ; prend place au guignol, met en scène, indique des gestes, des intonations ; se dresse, veut qu’on reprenne, rugit de rage, se rassied, sourit, boit du thé ; commence à répéter elle-même ; fait pleurer […]

Dans le Petit Comtois, le rédacteur de ce billet sur l’actrice se perd en compliments, signalant sans récrimination le raccourcissement du spectacle dont le programme prévoyait plus de lectures de poèmes de Rostand. Mais Sarah Bernhardt était atteinte de tuberculose osseuse et avait déjà été amputée de la jambe droite en 1915.
Avec une volonté formidable, elle continua à jouer, assise, comme elle rendit aussi visite aux poilus en chaise à porteurs, refusant une prothèse.

Pour l’évocation de la vie d’Edmond Rostand, Sarah Bernhardt semble avoir imité ce que ce dernier avait écrit à son propos en 1899 dans la préface de la biographie de Jules Huret : des anecdotes, des traits pris sur le vif. Edmond Rostand était mort quelques mois avant, le 2 décembre 1918. Le journal bisontin l’Éclair Comtois  du 3 décembre suivant, ↓ avait édité une courte biographie sans complaisance envers l’homme de lettres.

Si l’on en croit le rédacteur du Petit Comtois, Sarah Bernhardt s’était déjà produite au théâtre de Besançon en 1911 pour y jouer l’Aiglon du même Edmond Rostand, dont la première représentation, montée par sa compagnie, datait de 1900.

Illustration extraite de Gallica Bnf, avec Sarah Bernhardt dans l’Aiglon et dans d’autres rôles

Mémoirevive.besancon.fr conserve la trace d’un autre passage de l’actrice au théâtre de Besançon. Il s’agit d’une affiche annonçant la Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas, jouée par la Cie de Sarah Bernhardt, le 29 septembre 1897.
La Bibliothèque de conservation note que le document est signé par l’actrice, lui conférant une valeur que les déchirures latérales ne peuvent minimiser.

Voici le compte-rendu dithyrambique que fit le Petit Comtois du 1er octobre 1897 sur la pièce.

La Dépêche Républicaine de Franche-Comté du 30 septembre 1897 décrit la cohue des admiratrices à l’arrivée du train de Sarah Bernhardt, mais le rédacteur déplore qu’elle n’ait point été applaudie ou acclamée.

Sarah Bernhardt mourut le 26 mars 1923. L’Excelsior y consacra sa une le lendemain

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4605158b/f1.item.r=Sarah%20Bernhardt%20l’aiglon.zoom

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