Et le journal tape encore sur les fonctionnaires….

Le  Petit Comtois du 11 août 1919

Encore, parce que plusieurs tribunes du même journal l’ont déjà fait : Le 15 novembre 1915 et en avril et mai 1916, quand Charles Beauquier demandait aussi une réforme administrative parce qu’il estimait qu’il y avait trop de fonctionnaires.
Cette fois-ci, le rédacteur – il signe jean Valjean et c’est un chroniqueur habituel du journal – semble répéter tout ce qui a déjà été publié, parfois au mot près, les années passées, et en particulier dans une de ses précédentes tribunes intitulée Môssieu le Bureau

La rancœur de ces hommes contre les fonctionnaires s’est développée parallèlement à la hausse du déficit budgétaire en raison du coût de la Grande Guerre. Leur peur, eux qui représentent une petite bourgeoisie possédante et active, est de voir les impôts sur le revenu augmenter rapidement. Ils sont de plus en plus conscients que l’Allemagne ne pourra pas payer les réparations auxquelles elle est soumise par le traité de Versailles, en tous cas pas aussi rapidement que l’espèrent beaucoup de Français, ni à la hauteur de ce qui est attendu.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6485686h/f15.item

Aussi savent-ils que l’État et son gouvernement devront trouver des solutions pour équilibrer les finances publiques. Leur souhait est la réduction des dépenses et, pour eux, cela passe par la réduction du nombre des fonctionnaires. C’est ainsi qu’ils entendent la réforme à laquelle réfléchit le gouvernement.

Au fond, leur crainte est d’abord de voir l’État prendre de l’ampleur et du pouvoir. La guerre a, en effet, nécessité une action publique forte. Or, cela ne va pas avec l’aspiration à une régionalisation comme la désirent des radicaux-socialistes. Bref, ils sont peut-être prêts à l’effort financier, mais ils préfèreraient en décider au niveau local et non national.

Môssieu le Bureau, le rond-de-cuirisme, les expressions moqueuses, même si elles soulèvent parfois de vrais problèmes, reviennent dans cet article comme dans les précédents qui s’inquiétaient déjà de la même question.

Certes, les abus existaient, mais le sérieux restait plus largement le comportement général de la fonction publique. Bien des gabegies, retards d’approvisionnement, pertes de denrées étaient dus à des décisions militaires plus qu’à la fonction publique d’Etat. Et l’accroissement du rôle de l’État durant la guerre impliquait aussi la hausse du personnel. La machine publique se montra la plus efficace possible dans ce contexte tragique, et les limites à son action provinrent aussi de son manque de moyens.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s