Démolition des fortifications de Paris, Porte de Clignancourt

Le Petit Comtois du 6 mai 1919

Série de photos sur Gallica

A l’occasion de la cérémonie officielle inaugurant le chantier de démolition des fortifications de Paris, le Petit Comtois du 6 mai 1919 donne ces quelques lignes.

Mais ce sont les photos de l’agence Rol, prises entre mars et août 1919, surtout le 3 mai, et montrant le chantier de démolition à l’emplacement de la porte de Clignancourt qui présentent un véritable intérêt. Elles constituent aussi un indéniable témoignage sur la société de l’époque.

Ce premier cliché illustre la place prépondérante de la main d’œuvre pour cette démolition.

L’importance des manœuvres armés d’une pioche ou d’une pelle, en ligne sur le haut des fortifications, évoquerait presque des images postérieures, prises en Chine après 1949, quand les communes populaires organisaient le travail de milliers de paysans et ouvriers. Mais, la France se mécanisait aussi et les pelleteuses avec machine à vapeur, les camions benne et les wagonnets sur rail pour l’évacuation des gravats, accélérèrent le chantier.

Pour notre bonheur, le photographe choisit de s’attarder sur une bande de gamins de quatre à six ans et ses jeux. On voit quatre garçons et deux fillettes côtoyer les travailleurs et l’on constate que leurs vêtements sont moins épais que ceux de ces hommes avec double veste alors qu’ils sont en pleine activité. Il ne devait pas faire chaud ce samedi 3 mai.

Sur cette autre photo, les enfants, rejoints par un plus grand, se barricadent derrière des rouleaux de papier d’affichage de colonnes Morris, durcis par la colle, s’apprêtant à se tirer des projectiles divers.

Alors peu surveillés, ces gamins appartenaient vraisemblablement à des familles de condition modeste.
Proche des fortifications, on désignait par la « Zone » cet espace peuplé d’ouvriers et de déclassés, les « zoniers ». Nous sommes un samedi, alors jour d’école, mais peut-être est-ce après la sortie des classes, sinon il faut penser à l’absentéisme scolaire, problème si grave pendant le conflit et qui ne dut pas être résolu  rapidement après.

Dix ans après la destruction des remparts Porte de Clignancourt, la « Zone » abritait encore des pauvres dans un habitat précaire de type bidonville. Gallica . Agence Meurisse 1928

L’enceinte de Thiers remontait à 1841-1844 et n’avait servi à rien dans la défense de la capitale en 1914-1918. Dès 1883, la municipalité de Paris avait émis le souhait d’acheter ces fortifications pour les démolir. C’est par la loi du 19 avril 1919 qu’elles furent attribuées à la ville qui s’empressa de les raser. De rares vestiges des bastions subsistent et le périphérique occupe une partie de l’ancienne emprise au sol de ces fortifications.
L’Excelsior avait annoncé ces travaux dans son édition du 19 avril 1919.

19 avril 1919. — Loi sur le déclassement de l’enceinte fortifiée de Paris, dessin de Poulbot dans Le Journal du 19 janvier | https://t.co/NJGcxxVHGk @GallicaBnF #année1919 pic.twitter.com/N1Lvoh6mRi— Langlois (@langlois_hg) 17 avril 2019

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