Ah la sirène de Besançon !

toujours moquée, même après-guerre…

L’Éclair Comtois du 15 avril 1919

Fidèle lecteur, peut-être te souviens-tu des nombreux entrefilets publiés dans la presse de Besançon durant les années 1916-1918 à propos de la sirène de la ville? Cette fameuse sirène chargée d’avertir des attaques aériennes fut attendue en 1915 -1916, moquée, vilipendée quand elle fut enfin installée… Contre elle, elle fit l’union sacrée des trois journaux d’opinion de la place.

On s’est amusé ici à relater ce que les journaux écrivirent sur cette mal-aimée et pourtant désirée sirène pendant les années 1917 et 1918. Décidée par la municipalité, l’installation de l’avertisseur fut assez tardive et surtout laborieuse, son fonctionnement et sa synchronisation laissant longtemps à désirer.

Et c’est encore un amusement de retrouver cette sirène dans une tribune humoristique de l’Éclair comtois du mardi 15 avril. C’est une fois de plus sa défaillance qui est soulignée : elle n’a pas sonné le lundi  précédent, jour de foire, à 11h comme on y était habitué depuis février 1918. Et Jean Fargues, le rédacteur de cette tribune publique, plaisante en imaginant une idylle entre la sirène (nul doute qu’il imagine la créature légendaire) et le Jacquemart. La première est en haut du clocher de l’église Saint-Pierre et le second au sommet d’une des deux tours de Sainte-Madeleine.

Mais s’il ignore le pourquoi de ce silence, il est informé de certaines de ses conséquences. En effet, Besançon avait beau être une grande ville horlogère, toutes les ménagères  ne portaient pas un bracelet-montre ou une montre gousset et elles prirent l’habitude depuis février 1918, de repérer les onze heures du matin à la sonnerie de la sirène, calquant leurs tâches culinaires, leurs cuissons, sur cet indicateur très précis ; la sirène était effectivement synchronisée avec l’heure donnée par l’Observatoire de Besançon.

C’est ainsi qu’une Madame X… continua à papoter avec sa voisine, négligeant de mettre au four son rôti, risquant alors de mécontenter son mari rentrant pour le repas de midi et ne le trouvant pas prêt. On imagine la scène de ménage qui suivit…

Durant la guerre, la sirène avertissait du danger des avions ennemis. La paix revenue, elle devait endosser un autre rôle en fonctionnant correctement : maintenir la paix des ménages en rythmant harmonieusement leur vie autour de midi.

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