Le régionalisme toujours bien vivant en Franche-Comté

Le Petit Comtois du 12 avril 1919

Commençant par répéter la critique à l’égard des départements, trop petits, inadaptés aux nouvelles polarisations économiques et aux moyens de transports modernes, le rédacteur Louis Cordelier fait ensuite référence à un régionaliste célèbre localement, Charles Beauquier. Les positions de cet homme politique figuraient dans le Petit Comtois du 12 juin 1914 et ont fait l’objet d’un billet.

Poursuivant par une mesure récente de régionalisation postale de la France en 12 ensembles, il soulève immédiatement le problème du découpage. Dans le cadre des régions postales, Doubs, Jura et Haute-Saône étaient rattachés à Dijon, chef-lieu d’une de ces 12 régions. D’où la réaction des Francs-Comtois, toujours prompts, mais avec arguments, à rejeter cette tutelle dijonnaise. Et l’on retombe sur la question des limites régionales comme elle était déjà soulevée face au projet Clémentel en 1917. Avec la démonstration de Vidal de la Blache, il ne faisait alors aucun doute que Dijon ne devait pas être le seul chef-lieu en Bourgogne-Franche-Comté.

Rappelant les objectifs de la régionalisation, réduire les dépenses administratives et décentraliser le pouvoir, l’auteur montre que les changements envisagés devaient concerner avant tout l’économie.

S’appuyant sur la proposition de loi d’un sénateur de la Haute-Saône, Victor Genoux (1854-1924), que le chroniqueur encense pour la qualité de son travail, il revient sur le nombre des régions et, avec lui, se félicite de prévoir la Franche-Comté comme une région à part entière avec Besançon pour chef-lieu. Il ajoute aux trois départements comtois historiques, le Haut-Rhin de Belfort qui ne va pas tarder à obtenir son statut de département ; chose faite en 1922.

D’un point de vue administratif, le pouvoir serait confié à un administrateur et une commission interdépartementale de 12 membres auxquels seraient attribués des compétences élargies aux finances, travaux publics, voieries, octrois, eaux et forêts, chasse et pèche, enseignement primaire, hygiène, hôpitaux, syndicalisme… Le département et ses arrondissements (la fonction de sous-préfet disparaîtrait) deviendraient de simples échelons d’application des décisions prises au niveau de la région, ne conservant de rôle propre qu’à l’égard des communes pour leur suppression  et réunion à d’autres (fusion).

Face à ce pouvoir autonome, non élu, Genoux institue un organisme de contrôle : une chambre de discipline pour juger les fautes et les forfaitures des administrateurs et agents publics.

Un Conseil économique régional, composé d’élus des divers corps d’activité, industrie, commerce, agriculture et des syndicats ouvriers et professions libérales (notaires, médecins…). L’action de ces Conseils économiques régionaux serait coordonnée au niveau national par une Chambre économique nationale disposant d’un droit d’entreprendre et donc d’emprunter.

Charles Beauquier est mort en 1916, mais l’on voit avec le projet de loi de Victor Genoux et le relais assuré par le Petit Comtois pour en diffuser l’information que le régionalisme est resté vivace en Franche-Comté.

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