Le Petit Comtois en deuil

Petit Comtois du 20 mars 1919

 Le 19 mars 1919, Jules GROS, figure notoire du Petit Comtois, mourait après cinq mois de maladie. Né en 1838, il avait 81 ans.

Comme il se doit dans ces circonstances, la rédaction souligne l’importance de ce décès pour le journal. Elle insiste sur les qualités humaines, intellectuelles et professionnelles de Jules GROS.

Elle  rappelle  sa carrière de journaliste et de politique. Il avait d’abord écrit dans le journal le Doubs, aux côtés de Charles Beauquier, comme républicain opposant au Second Empire, avant d’être rédacteur de la Démocratie Franc-Comtoise (1873-1889) [ en ligne sur memoirevive.besancon.fr]. Bien entendu, son rôle fondateur du Petit Comtois en 1883 est souligné comme l’importance de son action dans le développement et la notoriété de cet organe de presse local pendant près de quarante ans.La Tribune en son honneur précise justement qu’il avait associé sa vie à celle du Petit Comtois.

Ses engagements politiques et ses fonctions sont énumérés : sous-préfet de Montbéliard puis administrateur du Territoire de Belfort (qui n’était pas encore un département, donc sans préfet) entre 1880 et 1884, avant d’être élu député du Doubs  pour 1885-1889. Ce fut son seul mandat et il consacra toute son activité au journal après cet épisode.

Il lutta avec une ardeur jamais lassée, sans haine, sans passion comme sans violence, mais avec toute la verve de son esprit, la droiture de son raisonnement et l’inflexibilité de ses principes. C’est en ces termes que se termine la nécrologie faite par la rédaction. Ils ne surprennent pas, mais ils ne sont pas non plus que de circonstance. Les qualités de l’homme étaient reconnues par tous, preuve avec la nécrologie publiée par l’adversaire politique qu’était l’Éclair Comtois. Respectueuse, quoique sèche, elle se contente de résumer sa carrière, mais termine par des condoléances bien sincères. On a connu l’Eclair Comtois beaucoup plus dur lors du décès d’un député radical comme Maurice Bernard.

Jules Gros a déjà fait l’objet de quelques lignes dans ce blog, à propos de l’été 1916 pendant lequel se développa un pugilat entre le Petit Comtois et l’Éclair Comtois ou, précédemment,  en 1915.

Ses obsèques civiles réunirent la plupart des personnalités locales républicaines. Les discours furent tenus par M. Louis Millot, directeur et rédacteur du Petit Comtois, par le sénateur Grosjean et par M. Pesty, vénérable de la Loge de Besançon. Le sénateur rappela les décès de Charles Beauquier, de Maurice Bernard et d‘Albert Métin, durant le conflit, pertes remarquées pour le parti républicain. Ils furent reproduits dans le Petit Comtois du 22 mars 1919.

Le Petit Comtois sans Jules GROS perdait de sa pertinence et de sa tolérance.

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