Les armes de la Grande Guerre tuent encore…

Le Petit Comtois de 8 février 1919 et du 3 mars 1919

Accidents de grenade, d’armes de poing ou d’épaule…

1919, hormis pour ceux qui combattent en Russie, ou quelques autres au Maroc, la guerre ne tue plus de soldats français. Mais il y a ceux qui meurent encore des suites de leurs blessures et d’autres tués ou blessés accidentellement par des armes abandonnées ou récupérées après la guerre.

Des civils peuvent aussi être victimes par imprudence du fait de la prolifération des armes depuis 1914.

Le jeudi 6 février 1919, à Delle, dans le Territoire de Belfort, trois fillettes jouaient avec une grenade abandonnée par un militaire de passage quand elles la firent exploser involontairement. L’une d’entre elles fut tuée, une autre gravement blessée. L’article du Petit Comtois relatant ces faits termine par cette phrase clairvoyante : ce n’est sans doute pas, malgré toutes les recommandations, le dernier drame de ce genre que l’on aura à enregistrer.

En effet, quelques jours après, à Besançon, c’est un militaire qui tue accidentellement un de ses amis alors qu’il lui montrait un Browning rapporté du front.

Et l’on trouve dans l’Éclair Comtois du 20 mars un article sur la mort d’un jeune garçon par coup de revolver. Dans les familles, nombreuses étaient les armes provenant du conflit.

Les militaires restaient exposés, et d’abord ceux qui étaient en charge du déminage des lieux de combat. Et cela se vérifiait sur tout l’ancien front, comme à Mons, en Belgique, au pont de Ghlin où deux soldats anglais furent tués, le 15 février, en inspectant un pont miné par les Allemands. Un tweet de WW1 covered live, en date du 25 mars, présente une « affiche émise par le gouvernement belge avertissant les résidents locaux et les enfants du » danger des engins explosifs « , par Van Sassenprouck. Près de la frontière belgo-allemande» par Brooke, John Warwick (lieutenant) (photographe)

Mais ce sont aussi des ouvriers qui furent chargés de cette tâche dangereuse de nettoyage ; c’est ainsi, qu’à Steinbach, au pied de l’Hartmannswillerkopf, six hommes moururent et quinze furent blessés par l’explosion d’une grenade lors d’une opération de déblayage à la mi-mars.

Aujourd’hui, des obus de tirs ou de dépôts d’artillerie continuent à être extraits du sol labouré ou de chantier de construction sur la totalité du tracé du front occidental de 1914-1918.

Dans le département du Doubs, beaucoup connaissent aussi le gouffre de Jardel ou trou de Jardelle, près de Pontarlier, à Chaffois. Il a servi de décharge pour quelques milliers de tonnes d’obus de tout calibre. Ils y ont été déversés en 1923, après avoir été désarmés. Les risques de pollution par les eaux souterraines sont réels, même si les dernières inspections en relativisent la dangerosité.

Actuellement, on a plus souvent à faire aux munitions non explosées de la seconde guerre mondiale, obligeant à des déminages délicats. Mais cent ans après, les armes de la première, n’ont pas toutes disparues des champs de bataille. Il existe encore une zone rouge qui fut particulièrement touchée par les combats. Là, la pollution n’est pas le moindre problème avec les infiltrations de métaux et de produits chimiques, mélinite, fulminate de mercure….

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