The Besançonian. Soldats-étudiants américains à Besançon

L’Éclair Comtois des 4 et 9 février 1919

Début février, les journaux de Besançon, comme l’Eclair Comtois, informaient de l’arrivée de 60 à 80 étudiants américains à l’Université de la ville. Et ils lançaient un appel aux familles disposées à offrir logement et pension à ces jeunes garçons. Le 9 février, selon l’Eclair Comtois, l’appel semblait avoir été perçu favorablement. Or, il faut savoir qu’il y avait encore des réfugiés dans la ville et le logement restait un problème aigu. A la fin du mois, le Petit Comtois, signalait l’empressement des Bisontins pour cet accueil et, plutôt que 80, annonçait 165 jeunes américains pour les Facultés de la ville.

Il s’agissait d’étudiants- soldats à qui l’armée américaine donnait l’occasion de profiter de leur présence en France à l’issue du conflit pour compléter leur formation. En fait l’initiative émanait d’universitaires américains qui trouvèrent appui dans l’armée américaine et l’université française. La rencontre culturelle entre les deux nations s’organisait.

Dans son article sur ce sujet, Caroline Barrera donne le nombre de 5867 étudiants-soldats  pour l’ensemble des universités. La plupart d’entre elles semblent avoir répondu activement pour cet accueil, mais celles de Paris, Toulouse et Bordeaux, plus que d’autres.

Pour les Bisontins, ces jeunes hommes apparaissaient bien comme des soldats-étudiants car ils conservaient l’uniforme de leur unité. On le voit sur cette photo prise le 30 mai 1919 à Besançon éditée dans la revue qu’ils réalisèrent et visible sur Gallica.

Ces étudiants eurent leur journal, répertorié sur memoirevive.besancon.fr et Gallica nous donne accès à trois numéros des mois d’avril, mai et juin 1919 : the Besançonian. Il a l’aspect d’une revue, chaque numéro a près de 40 pages avec les publicités. Il a déjà été rendu compte de l’une d’entre elles le 5 janvier.

Les articles mêlent le sérieux et l’humour léger, alternent l’usage de l’américain et du français. Les illustrations mettent en valeur des lieux touristiques de la Comté, quelques personnalités ou, par des dessins humoristiques, rendent compte de situations rencontrées par ces soldats-étudiants.

Le n° de mai fournit un plaisant article sur « le bout du monde », site spectaculaire et de détente, à Beure, aux portes de Besançon, traduit par « the end of the world ». Ces étudiants surent s’imprégner de la ville, d’ailleurs le 1er numéro de la revue ouvre sur un article intitulé : « our » Besançon.

On trouve dans les éditions de mai et juin, un comparatif intéressant entre la démocratie française et la démocratie américaine écrit par Albert Mathiez, lui-même chroniqueur épisodique au Petit Comtois et dont il a déjà été question ici. L’auteur ne se contente pas de différencier des institutions, mais rend fort bien les différences de mentalité avec le poids du passé pour la France et l’esprit des habitants d’un pays neuf pour les États-Unis.

Dans le n° de mai, un étudiant américain rend hommage aux poilus français. Il s’efface devant leur effort de guerre. Soucieux d’utiliser les expressions locales, il écrit : lorsque je fais la Grande Rue (pour nommer sa déambulation), j’y rencontre : mutilés, blessés, indemnes et chargés de décorations ou sans décoration. Il témoigne de son admiration et  admet modestement avoir fait son devoir, mais sans atteindre les sacrifices faits par ces hommes.

Le dessin ci-dessous montre un lieu de rencontre et promenade aménagé le long du Doubs, le parc Micaud, où les Bisontins flânent dès qu’il fait beau. Les jeunes américains ne manquèrent pas d’y conter fleurette à quelques jeunes filles de la ville. Ainsi, l’on peut voir ce galant en uniforme s’adresser à l’une d’elle, assise sur un banc, sur fond de citadelle. Scène ayant traversé le temps, mais pas l’uniforme.

Extrait de The Besançonian : published monthly by the American students at the University of Besançon Mai 1919

Une courte rengaine, « Salut à toi, Besançon »,  prend en considération le riche passé de la ville.
Dear old Besançon, our hearts turn to thee
Radiant in history …
Hail to thee Besançon.

Les Bisontins avaient été habitués à la présence de cette jeunesse américaine. Depuis le camp du Valdahon, elle venait se distraire à Besançon.
C’était encore le cas au début du mois quand un bal fut organisé par les officiers en remerciement aux familles de l’accueil qui leur avait été fait dans la ville. (cf. Dépêche Républicaine du 5 février 1919).
Les étudiants américains quittèrent Besançon le 30 juin 1919.

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