Besançon : de nouveaux troubles liés à la présence de soldats américains

Les trois journaux de Besançon du 31 janvier 1919

Battant-Arènes-Charmont, un même quartier dont il a déjà été question pour 1917. Récemment, avec les journaux de Besançon du 22 janvier 1918, l’évocation du meurtre d’un soldat américain dans une maison close de la rue de Sachot ajoutait encore à la mauvaise réputation de ces lieux. Avec la pratique de l’entôlage, les mêmes étaient concernés. Ou encore, l’absentéisme scolaire, problème général durant les années de guerre, particulièrement repérable dans ce quartier, finissait par le ternir aussi.

Or, s’il paraît malsain de n’évoquer ce quartier populaire qu’à travers des délits ou des crimes, il faut admettre que la presse locale contribuait à en donner cette image.

Ainsi, après le meurtre de la rue de Sachot, la rue de la Madeleine, toute proche, connut des échanges de coups de feu la semaine suivante, le 30 janvier.

L’affaire mit face à face des déserteurs américains et des policiers et des échanges de coups de feu furent répétés à deux reprises.

L’Éclair comtois titre en utilisant le mot Browning, devenu nom générique et éponyme avant même la Grande Guerre et banalisé avec l’équipement de troupes belges et américaines parfois dotées de pistolets de cette marque.

La Dépêche Républicaine parle de chasse à l’homme et d’échange de coups de revolver (notons que les brownings étaient des pistolets à chargeur et non des revolvers à barillet).

Le plus laconique, mais aussi le plus précis, est le Petit Comtois : poursuite mouvementée et échange de coups de feu entre déserteurs américains et policiers.

Le policier français qui poursuivit les déserteurs et fut l’objet de leurs tirs obtint la reconnaissance de son courage de la part de la municipalité qui augmenta son traitement et lui procura une distinction honorifique. (cf. la Dépêche Républicaine du 11 février 1919, 5e colonne en une)

Pour autant, Battant n’était pas qu’un quartier malfamé. Il conservait une activité commerciale et un peu d’industrie. Les employés et ouvriers, les journaliers formaient l’essentiel de la population. La guerre avait encore appauvri beaucoup d’entre eux. Et se mêlaient à ces catégories populaires,  les prostituées, les apaches locaux et aussi ceux venus d’ailleurs avec les mouvements de troupes.
Notée dès l’introduction de ce billet, la pratique de l’entôlage défrayait souvent la chronique de Battant.
L’édition de l’Éclair Comtois du même jour en fait état.

À propos de la présence de soldats américains à Besançon, on trouve ce dessin humoristique sur Gallica, dans la revue The Besançonian : published monthly by the American students at the University of Besançon de juin 1919.
Le cadre est celui du parc Micaud sur fond de citadelle où un soldat américain conte fleurette à une bisontine.

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